Avec LUNA ROSSA,
Antonio Capuano offre une vision paradoxale de la crimininalité organisée, prenant le contre-pied de la représentation cinématographique classique.
La plupart des films sur la Mafia privilégient en effet l'action, les scènes de violence. A l'opposé, LUNA ROSSA se caractérise par une grande théâtralité. L'action se déroulant à huit clos, hors du champs social, on ne fait que deviner l'importance du territoire que dirige la famille Cammarano, les relations avec l'extérieur étant rarement montrées à l'écran. Capuano s'intéresse davantage à la structure familiale. En cela, il adopte un point de vue tout à fait inédit sur la Camorra. Il emprunte notamment au drame antique, le destin des Cammarano évoquant ostensiblement la tragédie grecque. En se focalisant sur les règlements de compte au sein du même clan, il propose une lecture très réaliste de l'organisation criminelle napolitaine.
En effet, les guerres de la Mafia sont avant tout des conflits familiaux. On n'est jamais aussi bien trahi que par ses proches. Ces personnages à la Rosi, prêts à tout pour réussir, s'inscrivent dans le plus sauvages des capitalismes. Ainsi qu'on le prétend en Italie, la famille, c'est comme les ennuis, ça n'en fini jamais.