Ce film est une naissance et une re-naissance. C’est une oeuvre nouvelle, l’interprétation filmique que nous donne
René Féret de >l>Madame Solario, d’un livre qui fut un bestseller immédiat à sa sortie anonyme, d’un ouvrage qui figurait dans la section la plus intime de la bibliothèque privée de Marguerite Yourcenar, d’un personnage que le cinéaste Joseph Losey plaçait parmi ses trois héroïnes de fiction préférées, avec la Clea de Lawrence Durrell et Anna Karénine. Mais c’est aussi la première fois que le nom de son auteure, Gladys Huntington, apparaît directement lié au roman et qu’ainsi, plus de cinquante ans après, ce roman solaire et lunaire trouve une nouvelle vie. Il n’est plus seulement une oeuvre anonyme entourée d’un parfum de scandale en raison de la thématique sous-jacente à ce récit dont le New York Times, recensant l’une de ses nombreuses rééditions en 1978, saluait “l’élégance stylistique et la troublante intensité”, mais la création d’une femme qui ne voulait pas vraiment rester dans l’anonymat, et dont la joie en constatant son succès fulgurant, en apprenant que le formidable producteur hollywoodien Daniel Selznick voulait le porter à l’écran, n’aura pas été suffisante pour dissiper ses propres doutes, ses propres angoisses, au point qu’elle mettra fin à ses jours moins de trois ans après sa publication.