Un film de
Eric Blakeney, avec
Liam Neeson,
Sandra Bullock et Oliver Platt.
SYNOPSIS
Charlie Mayo, le meilleur agent secret de la DEA, n’est plus le même depuis qu’il a failli mourir dans une affaire de drogue qui a mal tourné. Devenu complètement parano et angoissé, ses séances chez le psy ne font qu’empirer les choses. Mais lorsqu'il va rencontrer une jolie infirmière tout va changer : il se sent revivre et plus rien, désormais, ne lui fait peur.
L’AVIS DE LA REDACTION :
Depuis plusieurs années, un genre à part entière s’est créé qui consiste à prendre le stéréotype du héros américain et à le placer dans des situations tout ce qu’il y a de plus ordinaires. Evidemment, le pionnier du genre a, sans aucun doute, été Quentin Tarantino qui, avec RESERVOIR DOGS et PULP FICTION, n’hésitait pas à montrer des gangsters disserter sur les chansons de Madonna, du bienfait des massages de pieds ou encore du fameux Big Mac.
Puis, il y a trois ans, les gangsters se rendaient chez des psys : la série " Les sopranos " nous montrait un parrain dépressif et MAFIA BLUES, un Robert De Niro harcelant son psy de Billy Cristal. Plus récemment mais dans un registre plus dramatique, on a pu voir l’excellent PANIC, curieusement passer inaperçu cet été.
Mafia Parano, sans doute, un peu tardivement prolonge ce genre et l’appréhende sous un autre angle. Cette fois-ci, c’est au tour de l’éternel policier infiltré dans un gang (the undercover cop) d’en prendre pour son grade.
Liam Neeson interprète ce flic, pris de phobie, à cent lieux de ses magistrales prestations de meneur de La liste de Shindler ou de Michael Collins. Il s’en donne à cœur joie et nous fait un véritable "
Liam Neeson show ". Il devient l’ami d’un des dangereux parrains de la mafia, interprété par Oliver Platt (découvert dans Funny bones) dont le rêve est de cultiver des tomates dans un potager.
Tout comme De Niro harcelait son psy pour qu’il l’aide à surmonter ses crises d’angoisses,
Liam Neeson décide, lui, de suivre une thérapie de groupe pour surmonter les siennes. Ce qui nous vaut des situations assez cocasses.
Pour son premier film, le réalisateur
Eric Blakeney n’hésite pas à parodier les scènes de duel des Sergio Léone, les fusillades de John Woo. Il ose même s’en prendre à la mythique scène finale du SCARFACE de Brian De Palma (même couleurs saturés, fontaine…). Mais n’est pas Tarantino qui veut. Là où le réalisateur de JACKIE BROWN s’en prenait au mythe du gangster avec le plus grand respect du genre, Blakeney hésite constamment entre la lourdeur du Prince de Sicile et les excellents sopranos. Reste tout de même une comédie sympathique où
Sandra Bullock (productrice du film) vient pointer son jolie minois.
Ah, les héros ne sont plus ce qu’ils étaient…
Matthieu Perrin
NOTES DE PRODUCTION
Eric Blakeney, scénariste et réalisateur de MAFIA PARANO, explique :
"J'en avais assez de ces héros endurcis et machos que l'on voit sur les écrans, et je voulais faire du mien un homme tenaillé par la peur. Pendant 5 ans, cette idée a mûri en moi, jusqu'à ce qu'un voyage en Australie déclanche tout : j'ai réalisé que nous agissons tous sous couverture, que nous sommes tous infiltrés quelque part où nous ne souhaiterions pas forcément être. En d'autres termes, personne ne mène vraiment la vie dont il a envie.
De l'extérieur, Charlie est une sorte de James Bond, mais il recèle des abîmes de doute et d'insatisfaction. Il ne veut plus de la vie qu'il mène, il est lassé de son travail, il rêve d'une existence plus simple. En fait, c'est un homme comme beaucoup d'autres… Une personne comme Charlie est constamment sous pression, elle est davantage exposée à développer des problèmes liés au stress", reprend le réalisateur.
En proie à un stress grandissant, Charlie est attiré par la compréhension instinctive que montre Judy. Elle est la personne la plus naturelle, la plus équilibrée de ce film, elle sent en lui une âme blessée qu'elle veut guérir.
Liam Neeson confie :
"Jusqu'ici, les héros ont toujours été des hommes stoïques. Heureusement, on commence à voir sur les écrans des hommes instables, bouleversés, qui sont mal préparés à ce qui leur arrive, qui rêvent de crier à l'aide. Nous pouvions aller un peu plus loin dans cette direction. Charlie a la réputation d'être un policier hors norme, mais à présent il en est réduit à faire semblant pour garder la face, car il meurt de trouille. Cette histoire est une comédie, mais elle a un côté très émouvant."
Liam Neeson s'est rendu à Los Angeles pour travailler avec
Eric Blakeney, lisant chaque jour le scénario pendant plusieurs heures.
"Il s'est attaché à tout comprendre du personnage, à tout travailler jusqu'à sa voix, comme un comédien au théâtre", se souvient Blakeney.
"Je jouais tous les autres rôles, et je voyais Charlie s'esquisser sous mes yeux, c'était impressionnant."
FICHE ARTISTIQUE
Liam Neeson : Charlie
Oliver Platt : Fulvio Nesstra
José Zúñiga : Fidel Vaillar
Michael DeLorenzo : Estuvio Clavo
Andrew Lauer : Jason Cane
Richard Schiff : Elliott
Paul Ben-Victor : Howard
Gregg Daniel : Jonathan
Ben Weber : Mark
Sandra Bullock : Judy Tipp
Mary McCormack : Gloria Nesstra
Michael Mantell : Dr. Jeff Bleckner
Mitch Pileggi : Dexter Helvenshaw
Louis Giambalvo : Lonny Ward
Rick Peters : Bennett