Comment le projet MAN TO MAN est-il entré dans votre vie ?
C'était il y a trois ans. Je travaillais à un projet sur Saint Exupéry, pour une société américaine indépendante. Cela ne s'est finalement pas fait, sans doute parce que nous n'avions pas le même point de vue. Pour les américains, il fallait réaliser une biographie panégyrique, tandis que moi je m'intéressais aux zones d'ombres, de contrastes du personnage. A la même époque, je me suis passionné pour le roman de l'ethnologue François Bizot « Le portail » dans lequel il raconte son expérience de prisonnier des Khmers rouges au Cambodge. Mais après l'avoir rencontré, j'ai compris que ce livre était son enfant. Il en était le héros, et je crois qu'il aurait du mal à laisser sa vérité devenir celle de quelqu'un d'autre.