La réalisatrice
Laïla Marrakchi signe, avec
Marock une œuvre très juste. Elle nous montre la jeunesse dorée marocaine à travers Rita, 17 ans. Le film commence avec un contraste assez significatif. En effet, deux jeunes s'embrassent fougueusement dans une voiture alors qu'un vieil homme prie à leurs côtés. C'est ça
Marock… Des discordances entre le poids des traditions et les aspirations des jeunes d'aujourd'hui.
Rita et sa bande vivent dans l'excès d'alcool, de drogue ou de courses de voiture, le tout sur une bande son étonnante à l'instar de « Rock'N Roll Suicide » de David Bowie qui accompagne l'héroïne principale lors de ses différentes expériences.
Marock est léger, agréable, divertissant mais ce n'est pas qu'une bluette pour adolescents. Ce premier long-métrage gagne en profondeur en mettant à nu divers problèmes de société comme le mariage forcé ou la difficulté d'être en couple pour des personnes de religion différente. En l'espèce, il s'agit de Rita, de confession Musulmane, qui tombe amoureuse de Youri, un Juif… Mais peu importe, à cet âge-là, c'est l'amour qui prime.
Cette comédie est une bouffée d'air frais et a l'avantage de filmer la jeunesse marocaine de manière inédite. Ici, le spectateur retrouve les différentes émotions ressenties à 17 ans telles que les amours contrariées, les amitiés « pour la vie », les rivalités, les doutes, l'angoisse des résultats du baccalauréat… Et surtout, la complexité du passage à l'âge adulte narré sans fioritures !
Laïla Marrakchi nous fait découvrir, de surcroît, une brochette d'acteurs exceptionnels, débutants pour la
plupart. Nous retiendrons le duo
Morjana Alaoui/Matthieu Boujenah qui brille de talent, autant dans le registre dramatique que dans celui de la comédie.
C'est parti pour un aller simple à Casablanca pour un indubitable dépaysement !
Fanny Cairon