Comme beaucoup d'antihéros faisant irruption dans le cinéma des années 70, qu'on a surnommé le "nouvel Hollywood", Jimmy est un personnage profondément déchiré et autodestructeur. Petite frappe à la solde d'un père criminel, le personnage campé - habité, devrait-on dire - par
Harvey Keitel n'en est pas moins hanté par son désir de se consacrer corps et âme à sa passion : le piano. Du coup, tout en brutalisant les "mauvais payeurs" de l'entreprise paternelle, il s'entraîne pour une audition à Carnegie Hall. Rarement un conflit intérieur aura été dépeint avec autant d'acuité et de force brute mêlées. Totalement instable, Jimmy, cousin du Travis Bickle de
Taxi Driver, est un être capable d'exploser à chaque instant. En témoigne la scène du restaurant où, indigné par un client qui lui a demandé de baisser le son de sa radio, il est prêt à lui sauter à la gorge, expliquant à l'ignare qu'il s'agit d'un des morceaux de rock les plus révolutionnaires au monde ! Sombrant peu à peu dans une sorte de folie, Jimmy se retranche progressivement dans son monde, où la musique lui sert de barrière protectrice entre lui et les autres.