Premier film réalisé par le scénariste de la trilogie Jason Bourne (
La Memoire Dans La Peau,
la mort…, la vengeance…),
Michael Clayton a de quoi séduire. Avec
George Clooney dans le rôle principal, aux côtés de
Sydney Pollack et
Tilda Swinton, autant dire que l’on est d’emblé plus que charmés…
On ne peut s’empêcher de penser à
Erin Brockovich (de
Steven Soderbergh, ici producteur)… ou à
La Firme (de
Sydney Pollack, ici acteur) en lisant le pitch du film : Michael Clayton, avocat plutôt arrangeant, se retrouve confronté à une multinationale sans scrupules prête à faire des millions de victimes pour s’enrichir. On y pense certes, mais l’on s’en détache heureusement aussi très vite.
Embrouillée au départ, l’histoire se révèle petit à petit aux yeux du spectateur. Agacé de ne pas tout comprendre,
il n’en est que plus flatté lorsque les portes du scénario s’ouvrent à lui au fur et à mesure. Chaque élément de l’enquête est intelligemment intégré au film, éléments que l’on découvre souvent en même temps que le personnage de Clooney, qui semble parfois aussi perdu que nous…
Bien écrit donc,
Michael Clayton pèche toutefois par un certain classicisme. Là où
Tony Gilroy nous avait surpris par ses prouesses scénaristiques dans la trilogie Bourne, il déçoit par une mise en scène presque ordinaire. Clooney reste parfait,
Tilda Swinton remarquable en « méchante » et le film intéressant à suivre, mais l’on cache difficilement une pointe de déception. D’autant que le style et le genre choisis, mêlant politique et justice, sont très télévisuels et pas toujours évidents à mettre en scène au cinéma. Peut-être qu’on en demandait tout simplement trop pour un premier film.
Amélie Chauvet