Accrochez-vous, le quotidien de
Mientras Tanto ne vous épargnera pas. Le film met en scène des vies éparses, qui s’entrecroisent intelligemment, grâce à un montage parallèle réussi.
Le long-métrage se focalise sur l’aspect borderline de chacun de ses personnages (Eva, Violeta, Mono…) confrontés à un drame du plus anodin au plus grave … quitte à nous donner la nausée.
La déchéance de l’âme touche son point d’orgue grâce à une prise de vue volontairement réaliste. Rien, ni personne n’est extraordinaire, si ce n’est les émotions humaines. De ce fait, la remise en question devient vôtre au fur et à mesure de l’évolution des personnages, ultra banals en fin de compte. Aussi, le film génère une angoisse croissante jusqu’au dénouement, sans laisser la moindre part à un échappatoire « purgatoresque ».
En outre, le trouble suscité par
Mientras Tanto réside dans l’emploi de la caméra, disséquant les sentiments humains de façon poétique, contrastant ainsi avec l’horreur à l’état pur. Un remarquable plan-séquence prélude au récit, suivi d’une mise en abyme filmique, entraîne peu à peu le spectateur dans la folie des protagonistes.
Si le réalisateur
Diego Lerman ne l’a pas expressément voulu, son film emprunte étrangement les tonalités du roman
l’Etranger d’Albert Camus, où la perte de repères précipite la chute, ou bien la rédemption.
Mientras Tanto s’attache à livrer des parcelles de vie, sans le moindre emballage, ni possibilité de remboursement. La rédemption passera par souffrance, et vous n’en sortirez pas indemnes.
Octobre Carayon