Résumé du film Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...En Normandie, à la Faucterie, le 3 juin 1835, Pierre Rivière, un jeune homme de vingt ans, assassine sa mère, sa sœur et son plus jeune frère, à coups de serpe, avant de prendre la fuite. Pendant plus d'un mois, Pierre va errer dans le bocage et au bord de la mer, se nourrissant d'herbes, de mollusques, de racines et de quelques animaux malhabilement capturés, avant d'être enfin arrêté. Au cours de son instruction, puis de son procès, Pierre dévoile les véritables motifs de son triple crime : les souffrances de son père, la méchanceté, la tyrannie et la cupidité de sa mère. Il parle de la ferme, de leur existence quotidienne, des durs travaux, des constantes disputes. Le mémoire qu'il rédige en prison apporte enfin des éclaircissements sur son comportement singulier, ses motivations et sa vraie nature. Accusé de parricide, il est finalement condamné à mort et voit sa peine commuée en détention perpétuelle. C'est alors qu'il décidera de se pendre pour expier sa faute. 1 vidéo : Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...Galerie Photos : Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...Les avis sur le film Moi Pierre Rivière ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère...
Caractéristiques du DVDBonus:
- A propos de Pierre Rivière, le film du tournage, réalisé par Pascal Kané. (25min - 1976)
- Entretien avec René Allio et Claude Hébert, extrait de l'émission Ecran blanc, rideau rouge, à propos du travail des comédiens non professionnels sur le tournage. (11min - 1976)
- Un cas de parricide au XIXe siècle, extrait de l'émission Ouvrez les Guillemets.
Bernard Pivot et Gilles Lapouge reçoivent Jean-Pierre Peter qui explique les circonstances de la découverte du manuscrit de Pierre Rivière et de son grand intérêt d'un point de vue historique, sociologique, autant que littéraire. (15min - 1973)
- Entretien avec Michel Foucault, extrait de l'émission Allons au cinéma. (6min23s - 1976) Notes sur le projet par René AllioEn marge de l'écriture du scénario, René Allio avait rédigé une longue note dans laquelle il détaillait ses intentions. En voici quelques extraits.
Un jeune paysan de vingt ans massacre à coups de serpe sa mère, sa sœur et son jeune frère, et le raconte. Les appareils de la loi et de la psychiatrie de l'époque, concurrents, tentent de rendre compte de ce geste et de l'expliquer, les témoins directs l'ont déjà fait à leur façon, la presse contemporaine se ressaisit du tout et reprend la question essentielle : s'agit-il d'un assassin « normal » ou d'un fou ? Relève-t-il de la justice ou de la médecine ? Or le mémoire de Pierre Rivière, au lieu d'éclairer cette alternative, qui doit décider de son destin, ne fait qu'ajouter une énigme à celle du crime lui-même, énigme qui conserve encore aujourd'hui intacte toute sa force dérangeante. Pierre Rivière, se remémorant pour les autres son acte, le redouble. Tous ses gestes, toutes ses paroles rendent encore plus étranges son attitude, son aptitude face au projet, à son acte. Notes sur l’interprétation par René AllioAvec des acteurs non professionnels...
Le tournage avec les acteurs non professionnels de Moi, Pierre Rivière... a été pour nous une expérience passionnante. Lorsque le repérage des lieux et des décors achevés, nous nous sommes installés, au début de Juillet, près d'Athis-de-l'Orne en disant autour de nous qu'au mois de Septembre suivant nous tournerions un film dont les rôles principaux seraient tenus par des acteurs recrutés sur place, nous avons rencontré un grand scepticisme et, après tout, c'était bien naturel. Les meurtres qu’on raconteExtrait de l'étude de Michel Foucault dans l'ouvrage collectif publié sous sa direction en 1973 aux Editions Gallimard-Julliard :
Moi, Pierre Rivière, Ayant égorgé Ma Mère, Ma Sœur Et Mon Frère...
Le mémoire de Pierre Rivière nous revient, après bientôt cent cinquante ans, comme un texte d'une grande étrangeté. Sa beauté seule suffirait encore à le protéger aujourd'hui. Nous nous défendons mal du sentiment qu'il a fallu un siècle et demi de connaissances accumulées et transformées pour pouvoir enfin, sinon le comprendre, du moins le lire, et encore si peu et si mal. Au cours d'une instruction et d'un procès des années 1830, comment pouvait-il être reçu par des médecins, des magistrats et des jurés qui devaient y trouver des raisons de décider la folie ou la mort ? Entretien avec René Allioll y a deux écoles principales de non professionnels, la « bressonnienne » : le non professionnel est une forme vacante, entièrement investie par le réalisateur ou le spectateur, et l'école documentariste, type cinéma-vérité. Mais ici, avec la distance du temps, de la fiction, nous avons travaillé exactement comme avec des professionnels. Ce qui a été formidable, c'est la complicité à laquelle on est arrivé avec ces acteurs. ..... Entretien avec Michel Foucault et René Allio- René Allio, pourquoi avez-vous choisi de tourner l'histoire de Pierre Rivière. Comment avez- vous rencontré ce texte ?
- René Allio : Je l'ai trouvé comme tout le monde, en librairie et comme lorsque j'avais lu pour la première fois Les Journaux Camisards, j'ai aussitôt pensé au cinéma. Les Camisards étaient ma première expérience avec l'histoire dans un film, j'étais avide de la poursuivre, le travail de Michel Foucault en offrait une occasion exceptionnelle et je lui suis très reconnaissant de m'avoir permis de l'explorer. Ce que j'avais cherché dans mes autres films, c'était de rendre leur vraie dimension à des évènements de la vie des hommes et des femmes ordinaires, (ceux à qui le statut de héros est toujours refusé), évènements autour desquels, si banals qu'ils soient, il ne se dépense pas moins, pour les vivre et les surmonter, ou y succomber, d'énergie, de courage ou d'imagination que dans les conflits exceptionnels vécus et traversés par les héros exceptionnels de la grande histoire... ou du cinéma. Les camisards, c'était bien ce « grain minuscule de l'histoire » dont parle Michel Foucault mais c'était aussi, par un autre côté, la grande histoire, et pour faire tenir les deux ensemble, j'étais conduit à décrire un personnage collectif où les individualités se fondaient dans une sorte de mythe populaire. Avec Pierre Rivière, il ne s'agit plus d'inventer une représentation, c'est lui qui prend la parole du milieu même de sa vie à la fois ordinaire et exceptionnelle, qui met lui-même en scène son récit par- dessus cent quarante ans d'oubli. “Moi, Claude Hébert ayant joué Pierre Rivière”Je m'appelle Claude Hébert. J'ai dix-huit ans. On m'appelle souvent Pierre depuis le film... Ça ne me dérange pas, je me suis tellement identifié ! J'habite sur la ferme de mon père, au « Carrefour joyeux » où je suis né. Je connais les travaux de la ferme, mais je ne fais pas les plus lourds. Je ne suis pas assez solide et je ne veux pas me bousiller la colonne vertébrale. Alors je range dans le camion, j'étale la paille et je m'occupe des questions d'hygiène. Je passe peu de temps à la ferme puisque j'ai été longtemps pensionnaire à l'école agricole. J'ai suivi ces cours pour m'instruire sur les problèmes écologiques, pas pour devenir paysan. |
|
|