Nouvelle réalisation du scénariste de
Wise Guys ou de
Bad Boys,
Mon espion préféré est une comédie d’aventure et d’espionnage, rapprochant pour la première fois à l’écran
Antonio Banderas et
Meg Ryan. Le film surfait visiblement sur la vague récente des comédies à la Judd Appatow, Seth Rogen ou Steve Carrel, en voulant allier à la fois une teneur narrative à un comique de situation et de caractères.
A priori, l’histoire semblait s’y prêter parfaitement. Après une absence de deux ans pour cause de mission top secrète au sein du FBI, Henry (
Colin Hanks) rentre chez lui pour retrouver sa mère qui, autrefois obèse, s’est refait une nouvelle jeunesse à coup de natation et parties de jambes en l’air. Les choses se compliquent lorsqu’il découvre également que Tommy (Banderas), son nouvel amoureux, est un voleur d’œuvre art qu’il va devoir surveiller 24h sur 24h…
Dés le début, le film choque, pour le meilleur et pour le pire. Pour peu qu’on aime le genre, l’humour est réellement présent, que ce soit pour admirer
Meg Ryan en costume d’obésité, la valse de ses courtisans caricaturaux, ou les déboires de son fils face à la mission quil l’attend et l’humour scabreux de ses collègues. Le scénario joue beaucoup sur le comique de répétition, valeur sûre des comédies de l’âge d’or du cinéma d’Hollywood.
Malheureusement,
Mon espion préféré part très rapidement dans tous les sens. On ne sait plus vraiment s’il faut rire avec ou à l’insu de ce film surgonflé comme les nouvelles lèvres de
Meg Ryan, qu’on essaye de nous faire passer pour un canon de la beauté bien conservée. Le film est d’ailleurs à son image : une parodie du genre, loin de son passé glorieux. Le montage loufoque à coup de transition à volet ou iris fait premièrement sourire, pour ensuite lasser très rapidement. Le retournement de situation final tombe telle une touffe de cheveux dans la soupe, au point que même les acteurs n’ont pas l’air d’y croire :
Colin Hanks semble, comme son personnage, se demander ce qu’il est bien venu faire dans cette galère. Le spectateur repart, sans savoir ce qu’il vient vraiment de regarder, avec pour seul souvenir un petit sourire figé et gêné : merci bien le botox !
Nicolas Ferminet