Résumé du film Mon meilleur ennemiOn connaît le nazi Klaus Barbie, chef de la Gestapo et “Boucher de Lyon”, tortionnaire de Jean Moulin, condamné en 1987 à la prison à vie pour crimes contre l’humanité. Mais l’agent Barbie travaillant pour les services secrets américains ? Et Klaus Altmann, l’homme de l’ombre de la répression bolivienne ? Kevin Macdonald, réalisateur d’Un jour en septembre et du Dernier roi d’Écosse, nous révèle, dans un documentaire sans concession, les trois vies barbares de Klaus Barbie. À travers l’itinéraire d’un bourreau ordinaire, ce film retrace l’histoire secrète du XXe siècle, ses omissions, ses contradictions et ses atrocités : pour comprendre, pour ne pas oublier... 1 vidéo : Mon meilleur ennemiGalerie Photos : Mon meilleur ennemiLes avis sur le film Mon meilleur ennemi
Notre critique : Mon meilleur ennemi Bienvenue dans le Petit Théâtre des Horreurs du XXème Siècle-
Comme Au Cinema

De la même façon qu’elle se cherche des héros, l’Histoire a besoin de monstres, odieux, violents, immoraux. Parce que le Bien n’existe que par son opposition avec le Mal, on poursuit des figures mythiques pour qu’elles incarnent notre passé autant qu’elles pourraient éclairer notre futur. On aime ainsi fouiller des destins hors du commun, des vies fascinantes, des actes forts, dans l’espoir de donner un peu d’identité à la poussière de nos livres d’Histoire.
Mesdames et messieurs, connaissez-vous Klaus Barbie ? Vaguement ? Du moins le pensez-vous… Laissez-nous vous présenter l’individu. Veuillez donc saluer M. Barbie, espion de la Gestapo aussi célèbre que cruel, meurtrier présumé de Jean Moulin, jugé pour crimes de guerre et crimes contre l’Humanité en 1987 et défendu par le très remuant Jacques Vergès. Oui, ça vous connaissez.
Mais saviez-vous que l’homme, loin d’être pourchassé par les tribunaux d’après-guerre, avait travaillé comme agent secret pour le gouvernement Américain dans la lutte anti-communiste ? Saviez-vous ensuite que sa « fuite » vers l’Amérique du Sud avait été appuyée (orchestrée ?) par le Vatican ? Saviez-vous enfin que M. Barbie continua d’organiser complots et coups d’état en Bolivie et ailleurs, toujours protégé par l’Oncle Sam ? Il serait même soupçonné d’être responsable de la mort d’Ernesto « Che » Guevara… Bizarrement, cette version de l’Histoire, il y a peu de chances que vous la connaissiez. Mais cela vous surprend-il vraiment ?
Après Un Jour En Septembre et son oscarisé Le Dernier Roi D'Ecosse, Kevin McDonald tape cette fois très fort. Portrait hallucinant d’un monstre instrumentalisé par les « Grands de ce monde », Mon Meilleur Ennemi - dont l’affiche devrait en surprendre plus d’un – aligne une série de révélations aussi effrayantes qu’effarantes. Au détour d’innombrables témoignages [carillon morbide dans lequel on croise aussi bien Ute Messner (fille de Barbie), espions de tous bords, journalistes, historiens, ministres, bérets verts… jusqu’à Barbie lui même], 60 ans d’archives se déroulent devant nos yeux et se mettent en branle tel un rouage gigantesque actionnant une à une les terribles ficelles de l’implacable géopolitique.
Choquant, bouleversant, intelligent, McDonald ne juge pas gratuitement Barbie, mais crucifie l’inhumaine machine des hommes. Les mots, implacables, n’en résonnent que plus fort. Les pires ? Entre les souvenirs brisés des victimes et la plaidoirie assassine de Maître Vergès accusant sourdement les gouvernements ayant protégé et instrumentalisé « la bête », on ne saurait choisir. Laissons alors le mot de la fin au réalisateur lui-même : « Je voulais montrer aux gens à quel point les gouvernements étaient amoraux et pragmatiques, et à quel point la propagande sentimentale qui passe souvent pour de l’Histoire n’est rien d’autre que de la propagande accommodante. »
Eléonore Guerra
Critiques : Mon meilleur ennemi -
Métro

" Mais Macdonald va plus loin (…) il révèle un personnage quasi-schizophrène, maléfique par nature."
J.L (article entier disponible dans Metro du 7/11/2007)
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L'express

" A travers la vie du « Boucher de Lyon », c’est le côté obscur de la seconde moitié du XXème siècle que découvre MacDonald (…)"
E.L (article entier disponible dans L'express Mag n°2940, page 84)
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Elle

" (…) remarquable documentaire (…)."
M.P. (article entier disponible dans Elle n°3227, page 54)
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Le Journal du Dimanche

un réquisitoire aussi implacable qu’étonnant. "
Jean-Luc Bertet (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 04/11/2007)
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Ouest France

" Un documentaire sans concession (…). "
(article entier disponible dans Ouest France du 07/11/2007)
Caractéristiques du DVDImage : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 1.66
Son : Dolby Digital 2.0 Français / Anglais / Allemand / Espagnol
Sous-titres : Français partiels
Bonus :
- Au cœur du procès Barbie : un documentaire mêlant interviews, témoignages, images d’archives (47’)
- A la fois en bonus classiques et dans la partie Rom (infos disponibles au format PDF imprimable) :
- Extrait du déroulement du procès Barbie (disponible en intégralité en partie Rom)
- Filmographie de Kevin Macdonald
- Biographies Klaus Barbie & Jean Moulin
- Présentations des intervenants
- Repères historiques : la Seconde Guerre Mondiale
- Après la guerre : les crimes en jugement
- Bibliographies thématiques Notes Techniques| Son | Image | Packaging | Menu | Bonus |
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| 2/5 | 3/5 | 2/5 | 3/5 | 3/5 |
Test DVD
Dans la lignée du film, l’édition DVD de chez Wild Side respecte une conduite éditoriale sombre et grave. Du menu austère à la compression visuellement soignée (mais légèrement aléatoire d’un point de vue sonore) en passant par la liste des suppléments, la sévérité de l’Histoire douloureusement contée dans le film est indéniablement omniprésente ici.
Gravité, simplicité et efficacité.
Appliqué, Macdonald met à disposition toute une série de documents (écrits) replaçant clairement les évènements traités dans leurs contextes historique et socio-politique. Démarche gratuite ? Bien au contraire lorsqu’on tente de se figurer la nébuleuse que représente cette affaire. Et puis, qui oserait décrier un quelconque surplus d’informations autour d’un tel sujet ?
Vient ensuite le deuxième nerf de la guerre : un documentaire de près de 50 minutes, centré uniquement sur le procès (français) de Klaus Barbie en 1987. Et tristement, comme dans le film, on se retrouve confrontés aux mêmes ambiguïtés morales : désaccord sur le chef d’accusation, responsabilité des gouvernements, témoignages tardifs, question du pardon des victimes, cruel silence de l’accusé, problème d’une possible Justice rendue « pour » l’Histoire (mais malmenée par la Politique)… Bref, un documentaire parallèle qui ne fait que rappeler l’hypocrisie des plus grands face à la détresse des plus démunis Eléonore Guerra Entretien avec Kevin MacDonaldPourquoi un film sur Klaus Barbie ? Pourquoi aujourd’hui ?
En faisant des recherches pour un documentaire sur Jacques Vergès, j’ai commencé à m’intéresser à l’une de ses affaires : celle de Klaus Barbie. Ce n’est pas seulement une histoire extraordinaire - presque impossible à croire - elle porte surtout en elle toutes les clefs du monde contemporain. Nos gouvernements utilisent encore des organisations et des individus douteux pour servir leurs causes - et en récoltent les conséquences. Prenez par exemple le soutien des USA aux Talibans dans les années 80, ou le soutien à Saddam Hussein pendant cette même période. Je voulais montrer que même si on nous apprend que le fascisme a été vaincu après la seconde guerre mondiale, dans les faits, le fascisme a continué d’être utilisé par les vainqueurs pour construire le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui. Le film pourrait aussi s’intituler : “Comment les fascistes ont gagné la guerre.” Klaus Barbie : repères biographiquesNé le 25 octobre 1913, à Bad Godesberg, Klaus Barbie rejoint les jeunesses hitlériennes en 1933. À 22 ans, il est un SS zélé sous les ordres d’Helmut Knochen, futur chef de la SIPO-SD en France. Il se marie en avril 1940, peu de temps avant l’invasion de la Hollande par l’armée allemande, à laquelle il prend part. Il y aurait participé à la rafle de 200 juifs en juin 1941. A propos de Klaus Barbie (d’après les interviews réalisées pour mon meilleur ennemi) Neal Ascherson, historien et biographe
Je suis convaincu que Barbie est déjà un espion à l’école. Qu’il est employé comme agent mineur pour espionner ses camarades, car il vient d’une région profondément catholique, Trea, il est dans une école catholique libérale. Tout ce que les Nazis détestent. Barbie a été membre d’un mouvement des jeunesses catholiques. Il semblerait qu’il est utilisé par les Nazis dès 33, pour espionner ses camarades, et particulièrement les organisations de jeunesse catholique, qui existent à l’intérieur même de l’école, et qui sont perçues comme antinazies. (...) |
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