Après C'Est Pas Moi, Je Le Jure !, Monsieur Lazhar est votre seconde adaptation cinématographique d’une œuvre littéraire. Qu’est-ce qui vous attire dans ce processus ?
Je pense que j’aime l’adaptation parce que la matière première de l’œuvre a déjà fait ses preuves, soit sur moi au plan émotif, soit devant un large public. Quand je fais un film, c’est toujours ma hantise : est-ce que je vais pouvoir vivre avec ce sujet pendant trois ou quatre ans ? Est-ce qu’il intéressera d’autres gens que moi? C’est aussi important de connaître les limites de son médium et de ne pas essayer de reproduire ce que le médium d’origine a réussi à faire. Dans le cas de C’est pas moi, je le jure!, il était évident que l’humour dans la littérature de Bruno Hébert provenait du décalage entre la narration candide d'un enfant de 10 ans qui a les références d'une personne de 40 ans. Dans le cas de Monsieur Lazhar, la pièce d’
Evelyne De La Chenelière ne met en scène qu'un seul personnage. Ce qui m’intéressait surtout était sa force d’évocation. Je savais aussi que je ne pouvais pas emprunter la poésie d’Evelyne sans que ce soit casse-gueule, simplement parce que je ne suis pas poète comme elle et que le médium du cinéma s’y prête différemment.