Bien qu’elle soit jeune, jolie, dynamique et ambitieuse, Becky Fuller est en pleine traversée du désert professionnelle et sentimentale.
Aussi, lorsqu’on propose à cette productrice TV de reprendre “Daybreak”, la matinale la moins regardée du pays, elle accepte le défi sans hésiter. Pour booster l’audience, elle décide d’engager Mike Pomeroy, le journaliste de légende de la chaîne. Mais le charisme de Mike n’a d’égal que ses caprices de star, et ses relations sont électriques avec Colleen Peck, sa coprésentatrice. Les coups bas hors-plateau s’accompagnent très vite de petites phrases assassines à l’antenne…
Dans le même temps, Becky craque pour un producteur de la chaîne, mais sentiments et travail ne font pas toujours bon ménage. Parviendra-t-elle à sortir l’émission de l’impasse et à trouver l’amour ?
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Les avis sur le film Morning Glory
Notre critique : Morning Glory
Levez-vous du bon pied...
Comme Au Cinema
On vous l’accorde, Morning Glory est loin de faire l’unanimité au sein de la profession. Il s’agit davantage d’un énième divertissement pour nanas que d’un chef d’œuvre du cinéma. Mais est-ce une raison pour ne pas lui trouver une petite place sur nos étagères ? La réponse est non…
Bien que ce ne soit pas, cette fois-ci, une adaptation du dernier best-seller de Lauren Weisberger (Le Diable S’habille En Prada), Sophie Kinsella (Confessions D'Une Accro Du Shopping) ou autre auteur de littérature pour gonz’, le film, écrit par Aline Brosh Mckenna n’a rien à envier à ses pairs et n’en sort que plus fort. Et pour cause, la scénariste est l’auteur et adaptatrice de Le Diable S’habille En Prada et 27 Robes, alors les films pour nénettes elle s’y connaît ! En créant des personnages originaux et touchants tout en les situant dans l’univers impitoyable de l’Entertainement, Mckenna est parvenue à nous raconter une histoire représentative du quotidien de nombreuses femmes, issues aussi bien du le milieu de l’audiovisuel que de celui de la communication.
Très respectueux de l’ambiance d’une rédaction, le film aborde le thème (qui marche bien au cinéma), de l’accomplissement de soi dans un environnement où la concurrence fait rage. Car, oui, Becky galère, mais Becky sait aussi ce qu’elle veut et prouve que lorsque l’on aime ce que l’on fait (et que l’on est pas au bord de la dépression), on est capable de beaucoup et surtout du meilleur (non ce ne sont pas les paroles d’une chanson…).
Mais si le milieu professionnel est le noyau du film, d’autres sujets viennent agrémenter ce petit divertissement. On sautera le chapitre de la romance entre la jeune femme et le producteur de documentaires brushingué (bien qu’ils soient très mignons tous les deux, leur relation n’est là que pour enrichir le propos et n’apporte au final pas grand chose). La relation principale qu’il faut retenir (et la plus émouvante) est celle entre Becky et Mike. La jeune femme, se prend en effet d’affection pour le grand Pomeroy qu’elle a idolâtré toute sa jeunesse. Malheureusement la bête n’est pas facile à amadouer et le « couple » connaît des débuts plutôt difficiles… Coupés des autres à force d’êtres obnubilés par leur travail, ces deux-là vont réaliser qu’ils ne sont pas si différents. Après moult désaccords, Fuller découvrira même que la troisième pire personne du Monde peut faire acte de générosité… De plus, Harrison Ford en vieux grincheux mérite le déplacement.
Bon c’est un peu niais, on vous l’accordera, mais si vous laissiez une petit chance à Morning Glory, il pourrait vous surprendre. Et qui sait ? Vous pourriez aimer…
" De l'entertainment intelligent. "
François-Guillaume Lorrain (article entier disponible dans Le Point n°2011, page 132)
Figaroscope
" Une comédie satirico-romantique, sympathique et sans prétention, rythmée comme une partie de ping-pong. "
Emmanuèle Frois (article entier disponible dans Figaroscope du 06/04/2011)
Première
" Une comédie à la fois vache et romantique qui offre à Harrison Ford son rôle le plus payant depuis longtemps, celui du personnage odieux qu’on adore détester. "
Stéphanie Lamome (article entier disponible dans Première n°410, page 32.)
VSD
" Morning Glory évite judicieusement l’ornière rose bonbon de la comédie romantique made in USA pour nous faire pénétrer, par l’entrée du personnel, dans les entrailles bien saignantes d’une quotidienne et de son coulis d’ego. (…) Drôle de bonne surprise qui mérite que vous éteigniez la télévision pour filer… au cinéma."
Alain Spira (article entier disponible dans VSD n°3229, page 26)
Brazil
"Le film tient la route surtout grâce à son casting. Harrison Ford, dans la force de l’âge, fait un beau duo avec Diane Keaton. Leur dialogue teinté d’hypocrisie est plutôt distrayant. (…) Mais Morning Glory reste une petite comédie bien sympathique, mais pas très originale."
Benzedrine (article entier disponible dans Brazil n°39, page 18)
Alors, oui le film est bien sympathique, mais on ne peut pas en dire autant lorsque l’on découvre les suppléments qui parviennent difficilement à garnir le DVD. Si l’on se réjouit à l’idée de partager les commentaires audio du réalisateur Roger Mitchell en compagnie de Aline Brosh Mckenna, ce n’est que trop vite. Le duo nous offre davantage l’enregistrement d’un meeting dans un salon de thé que de vrais commentaires porteurs d’informations croustillantes… Croyez-moi, c’est plutôt mou sous la dent… Oh et n’oublions pas la seule et unique scène coupée (que l’on aperçoit dans la bande-annonce) du film, dans laquelle est exposée (en moins d'une minute) la relation stupide entre Diane Keaton et Ty Burrell (qui joue son ex-partenaire, dans tous les sens du terme). Bref, on reste sur nôtre faim espérant encore le bêtisier, le making-of et les interviews qui ne viendront malheureusement jamais…
“C’est que mon boulot. J’ai pas que çà dans la vie…” - Becky Fuller
Morning Glory prend vie grâce aux efforts d’une équipe éclectique qui s’est rassemblée autour d’un amour commun des comédies réalistes et pleines de vie. Le réalisateur, Roger Michell, a dirigé le succès Coup De Foudre à Notting Hill ; la scénariste, Aline Brosh Mckenna, a écrit Le Diable S’habille En Prada ; et J.J.Abrams, le producteur, a créé une bonne partie des séries les plus célèbres et les plus originales de la télévision (Felicity, Alias, Lost, Fringe) et a récemment réalisé une nouvelle version spectaculaire de Star Trek.
C’est une longue tradition que celle des femmes actives dans les Screwball Comedies. Du rôle d’as de l’info de Rosalind Russel se confrontant à son rédacteur en chef sournois, interprété par Cary Grant, dans La Dame Du Vendredi, à celui de la secrétaire se faisant passer pour sa puissante patronne que campe Melanie Griffith dans Working Girl, ces femmes qui tentent le tout pour le tout pour se faire une place au soleil font partie des héros de cinéma les plus intelligents, les plus spirituels et les plus séduisants.
Le plus délicat dans la réussite de Morning Glory, était le choix de l’actrice qui allait interpréter Becky. Il fallait pouvoir transmettre au spectateur sa vulnérabilité et sa vivacité autant que ses ruses et son côté futé, indispensables à rendre crédible son ascension au sommet.
Pour son premier rôle comique depuis quelques années, Harrison Ford interprète l’impressionnant Mike Pomeroy, plus connu sous le nom de Le 3ème pire grincheux du monde - un présentateur légendaire, caustique, acide mais néanmoins brillant, qui se retrouve obligé, à son corps défendant, de coprésenter une émission matinale qui est tout sauf sérieuse.
Quand Mike Pomeroy rejoint Daybreak, il va se trouver confronté à Becky Fuller, mais aussi à sa coprésentatrice, sa Némésis quotidienne : Colleen Peck, une ancienne reine de beauté, qui doit sa longue carrière à ses charmants bavardages et sa capacité à faire absolument tout et n’importe quoi devant les caméras, quel que soit le ridicule de la situation. Sous les traits de Colleen Peck, on retrouve une actrice qui a donné ses lettres de noblesse à la comédie toute en nuances: Diane Keaton, qui s’est d’abord illustrée chez Woody Allen, a depuis mené une des carrières les plus diversifiées et les plus prodigieuses du cinéma américain, ce qui lui a valu un Oscar et 3 nominations aux Oscars..
Becky Fuller a beau être dévouée corps et âme à son job, il y a néanmoins une distraction de taille à sa journée de travail : Adam Bennett, un très séduisant producteur d’IBS qui devient le premier homme de la vie de Becky à se battre pour se faire une place dans l’emploi du temps infernal de la jeune femme. C’est Patrick Wilson qui endosse le rôle d’Adam Bennett. On le connaît mieux pour des rôles dramatiques, avec, entre autres, sa performance dans Angels In America de HBO, pour laquelle il a été nommé aux Golden Globes, son rôle de Night Owl dans l’adaptation de Watchmen par Zack Snyder, celui d’un mari en désamour dans le très remarqué Little Children, ainsi que plusieurs nominations à des Tony Awards pour ses performances dans des comédies musicales de Broadway. Il a pris un tour comique dernièrement dans Une Famille Très Moderne.
S’il y a une personne vraiment bluffée et sidérée par Becky Fuller, c’est bien son nouveau patron chez IBS, Jerry Barnes, qui sait à quel point les objectifs qui lui sont imposés sont inatteignables. Et pourtant, non seulement Becky ne va pas se ramasser misérablement, mais elle va même commencer à réussir. Jeff Goldblum, lauréat d’un Golden Globe, donne vie à Barnes à l’écran, apportant sa patte légendaire et personnelle, comme il le fait dans tous ses rôles, qu’ils soient comiques, dramatiques, ou les deux. Barnes commence par être son superviseur méfiant, mais il se transforme vite en confident impressionné.
Morning Glory n’aurait pas pu être tourné ailleurs qu’à New York, le point névralgique de l’ambition à l’américaine, des émissions matinales, et la ville dans laquelle Becky Fuller a toujours rêvé de faire carrière. Roger Michell instille parfaitement l’esprit de la Grosse Pomme tout au long du film, et est allé jusqu’à utiliser un plateau de télé en fonctionnement à Manhattan, pour ajouter à l’authenticité qui souligne le comique du film.