Sandra Kogout signe ici son premier film de fiction. Un premier film qui s’avère être ni un chef d’œuvre ni un navet. La réalisatrice nous emmène à Sertao, dans un endroit sauvage et isolé des montagnes brésiliennes appelé Mutum. Dans ce petit village, Thiago et sa famille vivent reclus. À 10 ans, Thiago n’est pas tout à fait comme les autres. Silencieux, réservé, renfermé, il ne trouve sa place qu’au côté de son frère Felipe. Ensemble, ils observent le monde… leur monde peuplé de trahisons, de violences, de silences mais aussi d’amitiés naissantes.
Bien que Mutum manque de rythme, le film se distingue par les interprétations des comédiens à l’image de
Thiago Da Silva Mariz impeccable dans ce rôle d’enfant de 10 ans, et
Izadora Fernandes en mère délaissée.
Mutum, autre que l’endroit, signifie également muet. Et cela se répercute dans le film : des dialogues rythmés par le silence, aucune musique si ce n’est que les bruits des feuilles ou de chevaux… Ces quelques maladresses de débutante font que le film ne nous séduit pas, ne nous prend pas aux tripes. Néanmoins, notons tout de même les thèmes évoqués : la vie de la famille, la relation entre frères, sœurs et parents, les diverses réactions face à la mort d’un proche, l’éducation des enfants… Un panel de bons sentiments qui aurait pu être intéressant si la réalisatrice était allée plus en profondeur. On sort de ce film un peu frustré. Dommage, il y avait du potentiel.
Laurène Guillaume