C’est un ancien président du festival qui ouvre le bal cette année, et pas le moindre puisque c’est le réputé « insaisissable »
Wong Kar Wai qui signe l’ouverture de ce 60ème – et très chargé – Festival de Cannes.
Alors qu’on trépigne à l’idée de découvrir une sélection monumentale (Gus Van Sant, les Frères Coen, Emir Kusturica, Kim Ki-Duk and Co), voici la première salve. Ce coup d’envoi ne déçoit pas.
Doucement embrumés, on se laisse couler dans la poésie douce-amère du réalisateur chinois ; peut-être plus « accessible », certes, mais suavement inspirée. Avec un style chiadé et insolemment maîtrisé (superbes plans miroirs ou audacieux angles de vue contrariés par vitres, bocaux ou éclairages),
Wong Kar Wai pose sur grand écran une histoire vieille comme le monde : la douleur d’aimer et d’être quitté. De ce canevas éprouvé, il tisse un
road movie émouvant -
élégante réflexion sur la solitude à travers un ballet de « gueules cassées » (mention spéciale à une
Rachel Weisz impériale). Chacun sa vie et ses problèmes… et pourtant, la même douleur pour tous. Sur une musique enivrante, on suit
Norah Jones (à qui WKW offre ici une véritable ôde) d’un bout à l’autre des Etats-Unis pour mieux se trouver, et finalement se retrouver.
C’est d’une simplicité, d’une beauté et d’une véracité assez désarmante.
Oui, vraiment cette 60ème édition du Festival de Cannes s’ouvre sous le signe de l’élégance discrète. Et on ne va pas s’en plaindre…
A Noter :
Wong Kar Wai mélomane ? Non content de se payer une excellente bande-son signée
Ry Cooder et une chanteuse folk mondialement connue en guise d’héroïne, le réalisateur de
In The Mood For Love s’offre la chanteuse Cat Power (
Chan Marshall) dans un second rôle. La Classe…
Eléonore Guerra