Lorsque que j'ai reçu en 1995 le premier roman de Scott Heim, Mysterious Skin, j'ai pensé que c'était l'histoire la plus belle, la plus poétique et la plus étrangement puissante que j'aie lue. Elle m'a littéralement ému aux larmes, ce qui ne m'était jamais arrivé avec un texte et ce qui ne s'est pas reproduit depuis. Cependant, bien que le livre m'ait profondément ému, je ne voyais pas comment le porter à l'écran sans diluer ses composantes sombres et controversées, qui le rendent si puissant et si particulier à l’écrit. Ce n'est que sept ans plus tard, après avoir acquis une certaine pratique de la caméra subjective sur d'autres projets, que j'ai pu trouver les moyens de traduire en images sa troublante complexité et ce lyrisme éthéré si inattendu.