Sorti au Japon en 1984, il nous aura fallu attendre plus de vingt ans pour que
Nausicaä de la vallée du vent envahisse nos salles obscures. En France, la réputation d’
Hayao Miyazaki n’est plus à faire… Érigé en maître absolu de l’animation, il a signé des films comptant parmi les plus beaux du paysage cinématographique mondial comme
Mon Voisin Totoro ou encore
Le Voyage De Chihiro.
Véritable ode à la nature, cette petite merveille pose les fondements essentiels du travail de ce cinéaste de génie. Elle s’élève comme une des œuvres les plus importantes – si ce n’est la plus importante – de sa prolifique et prestigieuse carrière. Elle permet de décrypter son univers magique et met en exergue le fil conducteur de ses idéaux visuels et créatifs.
Bien que deux décennies se soient écoulées, le coup de crayon de ce virtuose ne souffre pas d’obsolescence ne semblant guère vieillot. Les images sont magnifiques et nous transportent dans un autre monde qui nous frappe par une magie à l’effet immédiat.
D’un charme incroyable, son héroïne, Nausicaä, s’inspire de références antiques telles que « L’Odyssée » d’Homère mais également d’une légende japonaise médiévale. Nausicaä ou la princesse au cœur d’or… Intelligente, talentueuse, d’une sensibilité exacerbée, ouverte et follement amoureuse du monde extérieur, elle est un personnage incontournable dans l’univers du Septième Art. Elle apprivoise l’ennemi, avec un don unique, et ne montre jamais une once de méchanceté.
Miyazaki s’interroge sur le devenir de l’homme et son humanité, et remet en cause le tempérament très souvent mégalo des humains. Ces derniers sont-ils responsables de la dégradation de l’environnement ? Le roi en matière d’animation signe ici une œuvre bouleversante, magnifique, poétique et très personnelle.
En un mot, un chef d’œuvre !
Fanny Cairon