Non, les Indiens ne sont pas les pionniers du kitch, les français savent aussi mettre la main à la pâte : la preuve en images avec
Pascal Legitimus et
Luis Rego,
Mathilda May,
Jean-marie Bigard,
Eric Le Roch…
Un dénommé Bobby, provincial d’origine, décide de conquérir le show-bizz, et devenir un pro de la variétoche. Bien évidemment, les désillusions sont au rendez- vous, et Bobby ne tardera pas à comprendre que ce milieu est infesté de requins. Il ne faut pas pousser mamie dans les orgies non plus : ni cocaine, ni mannequins en premier plan, plutôt des femmes Barbara Gourdes : on attendra pour une version Beigbederisée.
Par conséquent, exit le campagnard moustachu, prude et vertueux, désormais remasterisé en homme sexy, version Bollywood, soit, équipé de pantalon taille ultra haute, et gilet léopard, en avant pour la débauche, et la double vie…
Répliques lourdes, jouissives, du genre « Comment tu peux frapper une femme sans défense ? » ; réponse « En tant que futur mari j’ai le droit de battre ma future femme »…jalonnent les plans-séquences du film. Mais ça finit par peser, hélas... Les dialogues prévisibles entachent le film d’une éventuelle spontanéité créatrice. De ce fait, il s’agit d’un Bollywood de la peur qui n’a en fin de compte, pas obtenu le droit de cité. Ainsi, le rythme linéaire annihile l’effet de surprise, et, suscite une lassitude qui s’accroît au fil du dénouement.
Si la volonté de transformer les pastiches indiens fait preuve d’inventivité : il en résulte un Iznogoud à peine meilleur, en lieu et place d’un ovni, annoncé par sa productrice Fabienne Servan Schreiber.
Aussi, bien que New délire s’empare d’un concept jamais diffusé sur grand écran français: doubler à sa façon un film étranger (dans son intégralité), cela reste un délire de joyeux lurons « pervers- pépères »…
Autrement dit, New Delire garde les pieds dans le Gange, mais la tête dans la Seine.
Octobre Carayon