Yannis a quatorze ans. Il vit à Zora, une île sauvage des Cyclades.
Zora ne compte que trois ou quatre routes tortueuses où cahotent un unique autocar défraîchi et quelques rares scooters rafistolés. Le réseau de téléphonie mobile y est inexistant. Pour téléphoner, on se rend sur le port et on sollicite aimablement Aristote, le patron du « Café Aristote ». On rencontre sur le marché des prêtres orthodoxes vêtus de l’habit sacerdotal noir, qui font leurs emplettes en tenant parfois un de leurs rejetons par la main. Ces hommes de foi ne dédaignent pas de faire halte au Café Aristote pour y boire un verre d’in-douze, assis en terrasse, barbes au vent et lunettes de soleil sur le nez.