Au milieu du XIXe siècle, Richard Hale (Tim Pingott-Smith), pasteur du sud de l’Angleterre, est contraint de quitter sa petite ville rurale pour des raisons de conscience. Il s’installe avec son épouse (Lesley Manville) et sa fille Margaret (Daniela Denby-Ashe) à Milton, ville industrielle du nord en pleine expansion, où on lui propose un poste de professeur privé. Jeune fille distinguée, belle et cultivée, Margaret a d’abord des difficultés à s’adapter à cette ville bruyante, sale et enfumée. Elle finit pourtant par se lier d’amitié avec une famille d’ouvriers travaillant pour une filature locale dirigée d’une main de fer par le ténébreux John Thornton (
Richard Armitage), un élève de son père, qu’elle juge intransigeant, arrogant et parvenu… “Nord et Sud”, écrit en 1855 par la romancière anglaise Elizabeth Gaskell (1810-1865), est un “roman industriel”, genre littéraire né à l’époque victorienne, dans lequel se sont également distingués Charles Dickens ou George Eliot. Le livre dépeint les effets de la révolution industrielle sur le vieux monde et dénonce les injustices sociales faites aux ouvriers, contraints de travailler dans des conditions inhumaines. La ville de Milton est inspirée de Manchester, où résidait à l’époque l’écrivain, épouse d’un pasteur aux idées comparables à celles de Richard Hale. Les événements sont vus à travers le regard humaniste et avisé de Margaret, qui fait pourtant fausse route au sujet de John Thornton, qu’elle découvre la première fois sous un jour désastreux, et qui révélera ses qualités au fur et à mesure du récit. Cette histoire d’amour suit à l’identique celle d’Elizabeth Bennet et Darcy dans “Orgueil et préjugés”, auquel le roman d’Elizabeth Gaskell est souvent associé, même si la toile de fond de “Nord et Sud”, sombre, est bien différente de la comédie de mœurs de Jane Austen. Cette brillante adaptation en quatre épisodes de 52 minutes, écrite par Sandy Welch et réalisée par Brian Percival pour la BBC en 2004, a remporté un succès phénoménal outre-Manche, comparable à celui de la mini-série “Orgueil et préjugés” diffusée en 1995. Et comme Colin Firth à l’époque,
Richard Armitage a fait chavirer le cœur des téléspectatrices.