Notre Rencontre avec Jude Law, Anthony Minghella et Philip Seymour Hoffman !

Notre Rencontre avec Jude Law, Anthony Minghella et Philip Seymour Hoffman !
A l’occasion de la sortie du film RETOUR à COLD MOUNTAIN, le réalisateur Anthony Minghella et deux de ses comédiens, l’irrésistible Jude Law et le charismatique Philip Seymour Hoffman, étaient de passage à Paris le 10 février 2004…

Résumé du film Notre Rencontre avec Jude Law, Anthony Minghella et Philip Seymour Hoffman !

A l’occasion de la sortie du film Retour à Cold Mountain, le réalisateur Anthony Minghella et deux de ses comédiens, l’irrésistible Jude Law et le charismatique Philip Seymour Hoffman, étaient de passage à Paris le 10 février… Lors d’une rencontre avec la presse dans un grand hôtel parisien, ils sont revenus sur ce film, leur carrière, l’Histoire, etc.

COLD MOUNTAIN : Un défi personnel pour chacun

Inman, interprété par Jude Law, effectue dans COLD MOUNTAIN un voyage initiatique fait de rencontres décisives et d’obstacles à surmonter. L’acteur n’hésite pas à faire le parallèle entre ce que vit son personnage et sa façon de gérer sa carrière :
"Dans la vie, nous faisons tous des voyages initiatiques. C’est d’ailleurs en cela que ce film est universel. Dans tous mes choix personnels, je rencontre des obstacles, des difficultés, mais aussi des personnes qui me font avancer. Nous avons tous un voyage à faire, des épreuves à surmonter."
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Parmi les obstacles que doit affronter Jude Law, peut-être celui de devoir casser constamment avec son image de sex-symbol, d’objet de désir (qu’il soit sexuel ou non…) :
"Je n’aime pas trop être regardé comme un objet de désir, ni que l’on considère comme tels tous mes précédents rôles.
Je veux faire des films différents, me lancer constamment des défis, avoir des objectifs. Je ne pense vraiment pas être un objet de désir… et surtout pas dans ce film."
Philip Seymour Hoffman et Anthony Minghella approuvent…
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Jude Law a donc beaucoup insisté sur le fait de pouvoir choisir des rôles toujours différents et intéressants, permettant de relever à chaque fois de nouveaux défis personnels. Il en va de même, lorsqu’il choisit de produire un film (il produit cette année son premier long-métrage, DEXTERITY, adapté du roman de Douglas Bauer, dans le lequel il jouera également) :
"Quand je m’engage dans la production d’un long-métrage, c’est plus avec mon regard d’acteur que je décide de miser sur tel ou tel projet, et de le soutenir, qu’avec mes talents de producteurs à proprement parlé, mes capacités à trouver des financements.
On revient sur la notion de défi, j’aime vraiment faire de nouvelles choses, m’investir dans des projets."

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Cette idée de défi est également au centre des choix de Philip Seymour Hoffman, dont la filmographie et les rôles sont incroyablement éclectiques :
"Chaque film est un challenge pour moi. Les réalisateurs s’amusent à me proposer différentes métamorphoses et moi, en tant qu’artiste, j’aime avoir de nouveaux défis à relever. Il faut savoir découvrir des environnements différents, sinon, on devient très vite stagnant. Jude est ce genre d’acteur qui ne fait jamais la même chose et qui va toujours vers de nouveaux personnages, de nouveaux genres."
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Anthony Minghella parle lui aussi de COLD MOUNTAIN comme d’une quête personnelle, d’un aboutissement :
"Quatre ans après LE TALENTUEUX MR RIPLEY, ce fut très agréable pour moi de faire ce film. Il y a en effet dans COLD MOUNTAIN quelque chose de plus drôle et de moins claustrophobe que dans RIPLEY. Ce film m’a vraiment permis d’étudier les meilleurs aspects de mon être… C’est un peu comme cela que j’ai vécu ma quête personnelle."

L’Histoire au cinéma

COLD MOUNTAIN sort en salles alors que beaucoup de films sur la guerre, qui tentent parfois de réécrire l’histoire, défilent sur nos écrans. Minghella explique à ce sujet qu’il s’agit d’une pure coïncidence et non d’une volonté de faire des films "dans l’air du temps" :
"J’espère bien ne pas avoir réécrit l’histoire officielle avec COLD MOUNTAIN. C’est difficile pour un cinéaste de comprendre les courants qui traversent la société mondiale. Cela fait quatre ans que je suis sur ce projet… C’est donc plutôt une coïncidence qu’une volonté qu’il sorte en même temps que d’autres films historiques. (…)
Je voulais également préciser qu’il est un peu ironique de parler de COLD MOUNTAIN en tant que film américain car, finalement, très peu d’Américains ont travaillé dessus…"

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Références historiques…

Le réalisateur est revenu sur ses inspirations pour filmer la Guerre de Sécession, qui, visuellement, ressemble ici plus à ce que l’on voit d’habitude de la Première Guerre Mondiale :
"Je voulais garder un maximum ma caméra subjective, et non pas objective. Inman est une personne qui ne comprend pas les enjeux stratégiques ni politiques de cette guerre… un peu comme tous les soldats, dont ceux qui combattaient pendant la Première Guerre Mondiale. Tous les hommes engagés dans cette guerre comme dans celle de COLD MOUNTAIN y étaient sans savoir pourquoi…
Ils partaient au combat sous un drapeau et un mensonge.
Pour filmer la séquence d’ouverture, j’avais, en effet, plus en tête des images de la Grande Guerre que de la Guerre de Sécession. Je pensais notamment à la bataille de la Somme ; j’avais constamment cette vision en tournant cette scène.
Dès que l’on fait un film de guerre, on a forcément en résonance les autres conflits."


Autre référence inévitable qui vient tout de suite à l’esprit lorsque l’on voit COLD MOUNTAIN, c’est bien sûr l’Odyssée :
"J’avais toujours en tête l’Odyssée d’Homer, c’est une quête universelle qui revient dans chaque histoire du genre. Les obstacles rencontrés par Inman lors de son voyage sont intemporels. Cold Mountain n’est qu’une destination.
Pendant le tournage, je pensais d’avantage à l’Odyssée et à d’autres livres médiévaux qu’à celui de Charles Frazier. Les critiques américaines ont d’ailleurs été un peu perplexes sur ma façon universelle d’aborder Could Mountain. Il y a vraiment dans mon film une notion de pèlerinage, d’obstacles à surmonter."


Si Minghella fait souvent référence à la Grande Guerre et à l’Odyssée, il s’est également basé sur beaucoup d’écrits concernant la Guerre de Sécession :
"La plupart des points que j’ai abordé dans le film venaient d’histoires vraies sur cette guerre. A ce titre, la femme que l’on torture attachée par les pouces, celle dont on laisse le bébé presque mourir de froid dehors et l’assassinat du groupe de musiciens venaient d’histoires vraies, que j’avais lues dans des rapports écrits à l’époque en Caroline du Nord. Beaucoup de spectateurs ont été surpris par ces milices car il est vrai qu’on ne les voyait jamais dans les films sur la Guerre de Sécession.
(…) Je pensais également beaucoup à la révolution culturelle chinoise : comment une minorité peut prendre le dessus sur tout et sur tous. Comment en vient-on à trahir ses propres voisins, à se venger d’eux.
Je voulais donner la vision d’une communauté qui évolue de façon négative (avec les milices), mais aussi de manière positive (avec, notamment, les changements qui s’opèrent alors pour les femmes)."


… et Influences Cinématographiques

A la surprise générale, Anthony Minghella ne s’est pas du tout inspiré du grand classique du genre en matière de film sur la Guerre de Sécession : AUTANT EN EMPORTE LE VENT… Jude Law et Philip Seymour Hoffman ont d’ailleurs avoué n’avoir jamais vu ce film. Quant au réalisateur, il le connaît bien sûr, mais n’établi aucun rapport entre les deux :
"Je l’ai vu… visiblement mes acteurs étaient trop occupés à relever des défi artistiques pour voir AUTANT EN EMPORTE LE VENT ! Je ne pense pas qu’il y ait de rapport entre les deux films, mis à part qu’ils se passent à la même époque et qu’il y ait un homme et une femme au centre de chaque histoire.
Le seul film qui m’ait vraiment influencé pour réaliser COLD MOUNTAIN c’est L’ARBRE AUX SABOTS [Ermanno Olmi, 1978]. Je l’ai vu plus de cent fois et il m’a beaucoup inspiré. Je l’ai projeté à tous mes acteurs pendant le tournage."

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Pour finir, Anthony Minghella n’oubli pas de mentionner Sydney Pollack, ami et producteur :
"Sydney Pollack a eu beaucoup d’influence sur moi et sur mon travail, en tant que producteur bien sûr, mais surtout en tant qu’ami et professeur. Après mon premier film, il m’a appelé des Etats-Unis et m’a vraiment soutenu. C’est aussi mon meilleur critique et mon plus fervent admirateur. Sur COLD MOUNTAIN, dont il est le producteur, il a été présent du scénario au montage."


Propos Recueillis par Amélie Chauvet – Vidéo : Valérie Berthoule.
Paris, Févirer 2004



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