Nous nous sommes tant aimés
Spectateurs

Résumé du film

Trente ans déjà... Les derniers épisodes de la guerre, de la Résistance italienne contre le nazisme... Gianni (), Nicola () et Antonio () sont amis... Mais, la guerre finie, la paix sépare le trio.

L'un, Nicola, est marié et professeur dans une petite ville de province. L'autre, Antonio, brancardier dans un hôpital de Rome. Le troisième, Gianni, avocat stagiaire chez un grand du barreau. Mais, dans l'Italie de l'immédiate après-guerre, qui voit la république triompher de la monarchie par voie référendaire, et les États-Unis peser de tout leur poids économique et idéologique (prêt de 100 millions de dollars au gouvernement de Gasperi) sur la vie politique du pays, il est difficile de réussir avec des idées de gauche :communistes et socialistes sont écartés du gouvernement par les démocrates-chrétiens. Antonio reste cantonné dans un rôle d'auxiliaire car il n'a pas les idées de la majorité. Nicola végète en province dans un milieu qui lui est hostile, et Gianni se rend vite compte qu'être jeune, pur et dur n'est pas la meilleure recette pour arriver socialement...

Chacun des trois amis va donc suivre sa propre voie, selon son caractère et le hasard des rencontres. Nicola rompt brutalement avec son métier, sa famille et son milieu pour "monter" à Rome et y réaliser ses ambitions : fonder une revue de cinéma, se battre pour imposer une image culturelle du septième art. Gianni accepte les propositions d'un homme d'affaires () dont il épouse, en même temps que la fille (), la fortune et les mauvaises causes. Antonio, au contraire, reste fidèle à ses idées et suit sa destinée, c'est-à-dire qu'il ne réussit pas davantage à progresser socialement qu'à retenir la femme qu'il aime, Luciana (Stefania Sandreli), qui va le quitter pour Gianni, puis pour Nicola, avant de tenter une illusoire carrière d'actrice...

Les années passent. Nicola, Antonio et Luciana se retrouvent par à-coups et par hasard : au détour d'une rue, d'une émission de télévision, le temps d'une liaison éphémère... Un jour, Nicola et Gianni apprendront que Luciana et Antonio se sont mariés, tandis que Antonio, Nicola et Luciana découvriront de façon fortuite la réussite de Gianni...

Le temps des bilans est arrivé. La société n'a pas bougé. La démocratie chrétienne est toujours au pouvoir. De Sica et le cinéma néoréaliste appartiennent à l'Histoire. Fellini et Mastroianni sont passés dans le champ de cette même Histoire. Luciana se demande à présent comment elle a pu tenter de se suicider par amour. L'ambition de Nicola ne l’a mené qu'à écrire des critiques qu'il signe "Intérim". Gianni est seul dans sa grande propriété. Et si Antonio n'a pas renoncé à se battre, politiquement, syndicalement, peut-il croire encore à ce "futur différent" pour lequel les trois autres amis luttaient dans la Résistance ?

Préambule

Nous nous sommes tant aimés est dédié à la mémoire de Vittorio De Sica, qui est mort alors que la fin du film était au mixage mais qu’il avait eu le temps de voir dans une copie de travail. Le cinéaste apparaît dans un document enregistré par lors d’une manifestation organisée par le journal “Paese Sera” dans laquelle De Sica explique à une foule d’enfants comment il a réussi à faire pleurer le petit garçon dans le film Le Voleur De Bicyclette.

À l’origine, comme l’explique Scola,Vittorio De Sica était au cœur du projet élaboré avec Age et Scarpelli : “On pensait à l’histoire d ’un professeur de province qui, après avoir participé à la Résistance, était frappé par Le Voleur De Bicyclette pendant une séance de ciné-club dans sa ville. Le film de De Sica fut très attaqué en Italie lorsqu’il sortit sur les écrans : De Gasperi et Andreotti dirent qu’il s’agissait de linge sale, d’une mauvaise chose à ne pas montrer à l’étranger. Il y avait donc ce personnage qui s’exaltait au point de voir dans le néoréalisme un support de croissance sociale pour l’Italie (de fait, au moins en partie, il en a d’ailleurs été ainsi). Il abandonnait son travail, sa famille et allait à Rome pour essayer de rencontrer De Sica.

Le film devait être seulement l’histoire d’une filature qui durait trente ans :le personnage suivait De Sica et devenait pour celui-ci – naturellement De Sica aurait dû jouer son propre personnage dans le film – une véritable obsession..

De Sica trouvait toujours en face de lui ce grillon bavard, cette conscience qui le suivait, le réprimandait, le persécutait, et le film se terminait sur la même phrase que celle qui est restée dans la version définitive :“Nous pensions changer le monde et c ’est le monde qui nous a changés.” Puis l’idée de faire le film sur un seul personnage, et avec De Sica dans son propre rôle, nous sembla un peu limitée ; le film ne s ’occupait que de cinéma. Nous avons alors pensé élargir les choses et introduire d’autres personnages emblématiques, deux autres au moins, un bourgeois et un prolétaire. C’est ainsi qu’est née l’idée définitive de Nous nous sommes tant aimés.”

Extrait de "Entretien avec " par Jean A. Gili "Le Cinéma Italien", tome I.
Titre original : C'ERAVAMO TANTO AMATI (Italie)
Duree : 2H4 mn
Sortie à la Vente en VOD/DVD le 02 Juillet 2007
Sortie en salles le 30 Mai 2018
(Reprise, Première sortie le 23 Mai 1974)
Année de production : 1974
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Caractéristiques du DVD

Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 1.85
Son : Mono 2.0 Italien, Français
Sous-titres : Français> Plus

Notes de Production

Vous avez écrit le scénario de C’ERAVAMO TANTO AMATI avec Age et Scarpelli ; aviez-vous rédigé un sujet avant de travailler avec vos collaborateurs ?

Non, en fait nous nous trouvions tous les trois et nous cherchions un film à écrire ensemble. Mon idée de départ était de faire un film sur notre génération, la génération des gens de quarante ans, même si Age et Scarpelli ont quelques années de plus.
C’est l’âge des bila > Plus
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