Le cinéma s'est arrêté au théâtre.
S'il est maintenant admis qu'en matière de littérature, ce n'est pas l'histoire qui fait le roman, en matière de cinéma de fiction, l'attachement à l'anecdote et à la dramaturgie héritées du théâtre reste vivace au point qu'on y voit là la seule direction possible pour fabriquer des films, les diffuser et les apprécier. Il me paraît intéressant de rappeler ici qu'au cinéma, l'histoire n'est pas essentiellement le spectacle. Le principe de personnages aux caractères déterminés peut être remis en question, l'action dramatique peut s'estomper et rendre aux personnes filmées leur liberté de «sujet».