Sa carrière musicale semblant marquer le pas (au moins sur le plan artistique…), l’inoxydable
Madonna change son fusil d’épaule en se tournant vers la réalisation. Avec pour références Godard, Pasolini ou encore Fellini, la néo-réalisatrice titille l’espoir de taquiner un jour leur génie. On est bien sûr loin du compte, mais la novice nous livre un film honnête, hanté par les différentes facettes de sa personnalité.
Ainsi on retrouve trois colocataires atypiques se démenant entre la réalité et l’accomplissement de leurs rêves. Le premier d’entre eux, répondant au doux nom d’A.K., est un Ukrainien excentrique rêvant de gloire musicale mais pour le moment contraint de vivoter en satisfaisant les penchants sado-masos de ses clients. Incarné par
Richard E. Grant, le chanteur du groupe Gogol Bordelo, A. K. est également le fil rouge du récit en assurant la narration des déboires de ses deux acolytes, Juliette et Holly. La première rêve de partir aider la veuve et l’orphelin quelque part en Afrique mais travaille pour le moment dans une misérable pharmacie. Quant à Holly, elle tente de devenir danseuse étoile mais doit se résoudre à débuter dans le strip-tease pour gagner sa vie.
Des galères donc, mais toujours présentées dans la bonne humeur. Les situations cocasses s’enchaînent et alternent avec des moments plus émouvants gravitant toujours autour d’un poète devenu aveugle. La mise en scène reste académique et est émaillée de longueurs où la réalisatrice quitte le cinéma pour nous offrir des séquences relevant de clips musicaux.
Loin d’être provocante comme à ses débuts musicaux, Madonna conclut son film avec un happy end un tantinet naïf.
Un film sans prétentions qui ne marquera pas l’histoire du cinéma mais laissant néanmoins un agréable souvenir.
Xavier Lalu