Tourner avec Gérard Depardieu, quelle montagne on s'en fait et quelle montagne c'est ?
Tourner avec lui, c'est faire des grands tours de manège, ce sont des montagnes russes, mais qui ne font pas peur, car ce sont des montrées d'adrénaline. C'est quelqu'un qui a fait tellement de films et qui connaît tellement les choses qu'il n'a pas peur. Moi-même, je la ressens parfois cette peur. Elle nous fait avoir des comportements pas assez généreux. On a peur du regard de l'autre, peur d'être pas assez bien quand il faut, où il faut… Dès qu'on a moins peur, on est moins sur soi, et on donne beaucoup plus. On donne même inconsciemment. Gérard m'a communiqué ça. À chaque séquence, je suis rentré dans une machine à laver, à fond, avec lui. Et ça, c'est un vrai plaisir. Pour certains acteurs, j'imagine que ça peut être déstabilisant. Mais chacun trouve la concentration comme il peut. Moi, je trouve la concentration dans l'énergie, pas dans l'isolement et le côté solennel du cinéma. C'est la même chose quand je suis sur scène. Je ne m'isole pas des heures en me disant : « Attention, je vais entrer sur scène. » J'ai besoin de parler, de donner, de recevoir et dans cette même énergie, tac, de rentrer sur scène. Eh bien, dans les prises, c'est la même chose. Ça me fait jubiler que même juste avant le clap, Gérard soit dans quelque chose de totalement différent. Parce que je sais bien que quand il va me regarder droit dans les yeux, eh bien, je vais être ému de ce regard-là. Donc j'ai déjà envie de faire d'autres films avec lui.