Besoin de testostérone ? Bienvenue à l'amicale des jeunes gens qui se disent bonjour à bon coup de poings dans les dents. Nouvelle découverte Besson, ONG BAK ravira tous les amateurs de coup de coude bien placés, de poursuite en taxi un peu fast, un peu furious, qui, se fight dans la rue en se faisant embrasser par le dragon. Soyons clair, le maigre filet d'histoire n'est que prétexte à toujours plus de baston, de combats, d'étalage de muscles, et de corps qui s'entrechoquent. Mais question baston, ONG BAK assure et rassure : les membres du Club de la Cogne peuvent rentrer chez leurs mamans, et les adeptes des combats mortels doivent réviser leurs classiques. Cascades, entrechats, course poursuite dans la rue, en pousse pousse, dans l'eau, dans l'air et sur la terre, tout se mêle dans ce jeu vidéo sur grand écran.
Le film emprunte également beaucoup à l'univers manga, et à tous ses prédécesseurs : l'humour de Jackie Chan, les prouesses physiques de Bruce Lee et la violence de Jean-Claude Van Damme -du temps où il était un peu moins aware et un peu plus castagneur. Servi par une bande sonore efficace, la mise en scène, avec la répétition d'une même scène montrée d'un angle de caméra différent, emprunte notamment à John Woo ses effets les plus percutants. Coups de tête, de bras, de coudes, de jambes se donnent et se récoltent à profusion.
Une telle prouesse physique parait tellement incroyable que l'effet de réel se brise, et crée la surprise, puis le rire. Pourtant, ici, pas de câbles, pas de retouches numériques, pas de doublures, pas de trucages. Juste des vrais coups portés sur des vrais acteurs. Voilà toute la différence avec les autres films du même genre de tous pays confondus.
Loin de chambouler le genre, ONG BAK ne fait que rajouter une pierre à l'édifice. Mais il le fait bien, avec élégance et dextérité, grâce à une montagne de muscle nommée Toni Jaa. Même si son talent d'acteur reste à revoir, celui de fighter est tout vu : Jet Li, Jackie Chan et les autres ont du souci à se faire. Défouloir d'1h45, le film sent donc bon la transpiration, les corps huilés et l'odeur de mâle. Sorte d'hymne avoué à la culture thaïlandaise et à l'art Muay Thaï, ONG BAK impressionne, divertit et finalement fait du bien.
Aurélie Maulard