Maurice Barthélémy, c'est le petit chauve nerveux des Robins des bois, c'est le boxeur raté analphabète un peu bête de
Casablanca Driver, c'est l'homme préhistorique poilu et un poil bête de
Rrrrrrr !!!… Et aujourd'hui, c'est aussi et surtout le réalisateur d'un très beau film, simple, touchant, émouvant sans être larmoyant. Virage à 180°C pour le plus nerveux des Robins ? Pas forcément, car dans tous les clowns se cache une part de tristesse et de gravité. Maurice attendait juste le moment pour nous la montrer. Le moment est arrivé. Et quel moment…
PAPA, c'est l'histoire d'un père et de son fiston de six ans, partis sur les routes vers on ne sait où, on ne sait pourquoi. Deux êtres détruits de l'intérieur par un mal qui les ronge, un secret trop lourd à supporter pour les frêles épaules du garçonnet, trop dur à endurer pour les nerfs d'un papa dépassé. Autant dire que
Maurice Barthélémy frappe un grand coup là où on ne l'attendait pas, mais c'est avec une grande douceur, une extrême délicatesse qu'il nous dépose à l'arrière de cette voiture. Oscillant toujours entre rire et larmes, PAPA résonne par sa sincérité, sa simplicité, et finalement, son universalité. Ce petit garçon qui se pose des questions, c'est un peu nous, ce papa qui essaye d'être parfait mais n'y arrive pas toujours, c'est un peu nous aussi. Entre émotions, souvenirs d'enfance, tristesse et larmes aux yeux, on embarque avec
Alain Chabat et
Martin Combes, avec eux et pour eux, pour un voyage vers l'avenir, à travers des petits instants de vie, de rien, des pleurs, des rires et des coups de sang. On les découvre au fur et à mesure qu'ils se retrouvent… Mais le film ne serait pas le même sans ses deux acteurs époustouflants,
Alain Chabat, qui oublie d'être acteur pour être papa, et le jeune
Martin Combes, tout petit bout d'homme qui crève littéralement l'écran, qui ne joue pas mais vit tout simplement. Même si le film souffre finalement de cette incessante course sur les routes qui ralentit un peu l'action, PAPA, grâce au talent d'un réalisateur plus qu'inspiré, fait preuve d'une élégante sobriété qui nous arracherait presque sans effort quelques petites larmes d'enfants…
Aurélie Maulard