Un film de
John R. Pepper, avec
Léa Drucker et Eric Poulain.
D'après l'oeuvre "Danny and the deep blue sea" de
John Patrick Shanley.
SYNOPSIS :
Par une nuit sans lune, sous une pluie battante, dans le port d'une grande ville, une bagarre à trois contre un. Danny, la "victime" bien que roué de coups, trouve l'énergie de se relever et de massacrer ses adversaires.
Blessé, épuisé, il se réfugie dans le seul bar ouvert.
Là, une fille aussi perdue que lui, Roberta, finit sa nuit en dansant suele sur la musique d'un juke-box. Ils ont sans le savoir des blessures semblables, et vivent dans la même solitude.
Roberta tente de séduire Danny mais leur partie de séduction ressemnble à un bras de fer où chacun jette à la figure de l'autre son désespoir et un passé lourd et confus.
Roberta, cette nuit-là, ne veut pas rentrer seule, même si Danny est dangereux.
Elle l'emmène chez elle, dans son drôle de refuge.
Une sorte de tendresse plutôt ruede s'installe entre eux ; la nuit les apaise, et l'amour les console. Pendant quelques instants, ils rêvent d'un bonheur possible, d'une vie "normale" à deux avec mariage et robe blanche… Ils s'endorment à l'aube en souriant… Tous leurs rêves deviennent possibles…
L’AVIS DE LA REDACTION :
Le film laisse perplexe. A la sortie on se pose une question. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que le film est raté ?
L’histoire n’est pas plus mauvaise qu’une autre. Les acteurs ne sont pas des débutants. Le " happy end " est beau, mais non ! Ça ne marche pas.
Si la deuxième moitié du film passe assez bien, la première est insupportable. Le jeu d’acteurs, trop théâtral ne fonctionne pas devant la caméra. Il ressemble à une première répétition ou à un spectacle de la troupe théâtrale d’une école.
Et puis surtout, on n’y croit pas ! Tout est trop…exagéré. La pluie est trop…, la façon de parler est trop…le bar où ils se rencontrent est trop…l’histoire est trop…la fin est trop… Enfin, tout est beaucoup trop.
La pluie diluvienne ne tombe que sur les acteurs, et pas à côté, et puis elle s’arrête comme si l’on fermait le robinet d’une douche géante.
Le réalisateur,
John R. Pepper parle d’une "fable", et effectivement le film débute "par une nuit sans lune, sous une pluie battante…". L’idée de deux types paumés qui se rencontrent et se rendent vite compte qu’ils ont besoin l’un de l’autre pour arrêter de s’autodétruire est intéressante. Mais l’essai est raté. Dommage.
Pablo Chimienti
ENTRETIEN AVEC John R. Pepper :
Peut-on dire que Danny et Roberta sont des personnages actuels ?
Danny et Roberta existent partout dans le monde, dans différents pays, différentes cultures. Ils incarnent un désespoir et une recherche que tous les hommes et les femmes, de toute classe sociale et de tous âges, sont en train de vivre ou ont vécu à un certain moment de leur vie.
Comment avez-vous abordé le passge de la scène à l'écran ?
Avec mon co-scénariste, Pascal Bancou, j'ai décidé qu'il était important de rester fidèle au concept. Il fallait éviter d'essayer d'en faire autre chose, rester proche de la fable, d'une espèce de poème. Mais il fallait aussi l'ouvrir en lui donnant une autre dimension – une dimension cinématographique (ce qui explique mon choix de tourner le film en "scope"). C'est aussi pour cela que j'ai introduit d'autres personnages (la famille de Roberta, les durs du monde de Danny), que j'ai situé une grande partie du film sur les toits et que je le termine au bord de la mer.
FICHE ARTISTIQUE :
Léa Drucker : Roberta.
Eric POULAIN : Danny.
Electra Weston : La barmaid.
Pierre CHEVALLIER : Le père.
Marie-Christine LAFOSSE : La mère.
Jonathan REYES : Le fils.
L'AVIS DE LA PRESSE
Première :
" Adapté du théâtre, ce premier film est une caricature du film d'amour à mort sur fond d'ancre marine et des losers magnifiques. Les acteurs, mal dirigés, récitent avec une incroyable énergie des dialogues tout droit sortis des plus mauvaises chansons réalistes des années 40 "
(article entier disponible dans Première n°299, page29)
Studio :
" Léa Drucker et Eric Poulain sont le coeur du film, qui en manque trop pour séduire pleinement "
(article entier disponible dans Studio Magasine n°174, page 42)