Will (Jude Law) traverse une période difficile avec Liv (Robin Wright Penn), sa compagne. Il vient en plus d'installer son cabinet d'architecte paysagiste dans King's Cross, un quartier de Londres en pleine réhabilitation. Ses luxeux locaux attirent une bande du coin qui le cambriole à répétition. Excédé, Will finit par suivre l'un des jeunes voleurs jusque chez lui. Le jeune homme, Miro (Rafi Gavron), vit avec sa mère, Amira (Juliette Binoche), une réfugiée bosniaque.
Afin d'en apprendre plus sur le gang, Will s'arrange pour sympathiser avec Amira mais rapidement des sentiments imprévus surgissent...Pour Will, c'est le début d'une plongée au coeur d'un autre univers que le sien, et au plus profond de lui-même.
Lors de la dernière cérémonie des César, nous avions rencontré le couple bouillant du nouveau film d’Anthony Minghella (Le Patient Anglais, Retour à Cold Mountain). La belle Juliette (Binoche) avait accompagné son Roméo (Jude Law) qui venait recevoir son César d’Honneur ! Vous vous souvenez certainement du discours de l’actrice pour Jude sur la scène du théâtre du Châtelet... Juliette Binoche lui avait fait une véritable déclaration d’amour !
Will est un architecte idéaliste qui espère transformer le quartier peu fréquentable de King’s Cross (Londres) en espace zen et dynamique. Malheureusement pour celui-ci le quartier a un plus gros impact sur sa petite personne que l’inverse. Par Effraction pourrait être résumé ainsi « tel est pris qui croyait prendre ». L’homme qui veut combattre l’esprit de « non-droit » régnant à King’s Cross fait l’expérience du quartier en étant lui-même rongé par des aspirations ambiguës, entre violences et infidélité. Comme dans une seconde crise adolescente obligatoire à son renouveau, Will se rebelle contre lui-même pour s’affirmer face à ses problèmes professionnels et familiaux. L’architecte va avancer en parallèle avec Miro, un adolescent qui se croit sans avenir. Différents en tous points mais perdus dans la même atmosphère de fatalité, ils apprendront à découvrir ce que la vie réserve derrière les obstacles.
Will et Liv (Robin Wright Penn) forment un couple en difficulté, écartés l’un de l’autre par une fille psychologiquement troublée dont ils appréhendent différemment les crises. Cette image de couple qui aurait trop vécu, Will essaye de la contrebalancer avec une passion imprévue naissant dans des murmures. Anthony Minghella montre un amour que veut être vécu, comme un sauvetage, mais qui ne peut être. La femme-maîtresse est interprétée par Juliette Binoche à qui Anthony Minghella (Le Patient Anglais) offre un nouvelle fois un rôle de femme perdue, blessée, diaphane… Une femme qui vit moins pour elle que son fils. Car dans Par effraction, la galerie de seconds rôles enrichit les personnages principaux (parfois un peu trop pâles) : un collègue amoureux, une prostituée bavarde et cette famille immigrée qui lutte pour survivre dans un pays qui ne se préoccupe pas vraiment d’eux. Plus intéressant sur les bords que dans l’intrigue centrale, Par effraction n’invente rien mais présente avec simplicité les déboires de tout un chacun.
Sans jamais juger ses personnages, Anthony Minghella leur offre un instant de vie, fondateur d’avenir. Le dialogue, la lucidité, la colère, la vengeance et le pardon se mêlent dans King’s Cross pour parler de la vie et exprimer la difficulté de réussir cette vie malgré les dérapages du destin.
" C’est un film sur la mixité urbaine, le télescopage entre deux univers qui se côtoient mais s’ignorent, le sens caché de la propriété et du vol. "
Juliette Bénabent (article entier disponible sur le site de Télérama)
Elle
" Quand on entre par effraction dans une pièce ou dans la vie de quelqu’un, on casse forcément quelque chose au passage. "
Florence Ben Sadoun (article entier disponible dans Elle n°3193, page 48)
Figaroscope
" L’amour, la solitude, la transgression, l’intégrité, l’intégration, autant de thèmes irriguant une œuvre pleine de souffle et de cœur, d’une profonde générosité. "
Marie-Noëlle Tranchant (article entier disponible sur le site de Figaroscope).
TéléCinéObs
" Minghella réussit son pari : réconcilier l’inconciliable. Singulier, lumineux et doux, « Par effraction » a le charme des œuvres à la marge."
M.-E.R. (article entier disponible dans TélécinéObs sur le site http://cinema.nouvelobs.com)
Crossroads
" Par Effraction nous plonge dans des drames simples de la vie et cherche à éviter les jugements hâtifs. "
Eric Coubard (article entier disponible dans Crossroads n°52, page 18)
Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 2.35 Son : anglais et français en Dolby Digital 5.1, français en DTS. Sous-titres : anglais et français
Bonus :
- Commentaire audio du scénariste et réalisateur Anthony Mighella
- Le making of du film : « Mensonge, tricherie, vol et sentiments » (13’)
- Bande annonce originale
- 6 scènes coupées : « Le retour de Milo », « La fête », « Will et Wei Ping », « L’histoire », « Miro et Zoran sur le toit »,, « Miro rentre dans l’appartement » (8’30’’)
24 février 2005 - Jude Law retrouve une nouvelle fois Anthony Minghella Jude Law sera à l'affiche du prochain film d'Anthony Minghella, Breaking and Entering, d'après le magazine américain Variety. Produit par les studios Miramax, ce projet marque la troisième collaboration de Jude Law avec le réalisateur australien. Ils avaient déjà tourné ensemble Le Talentueux Mr Ripley avec Gwyneth Paltrow et Matt Damon, mais aussi Retour à Cold Mountain avec Nicole Kidman et Renee Zellweger qui avait d'ailleurs raflé pour ce long-métrage l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Jude Law interprétera dans Breaking and Entering Will, un architecte londonien. En pleine crise professionnelle et privée, la vie de Will se heurte à celle d'un jeune immigré. Ce film dont le tournage commence en avril sera la première œuvre écrite et réalisée de Minghella. En effet, depuis ses débuts derrière la caméra en 1991 avec Truly Madly Deeply, Anthony Minghella ne s'était jamais lancé dans d'écriture d'un scénario, préférant faire des adaptations de romans à succès tel que Le Patient Anglais de Michael Ondaatje.
Quant à Jude Law, il retrouvera sa partenaire dans Le Talentueux Mr Ripley, Gwyneth Paltrow dès le 16 mars dans Capitaine Sky Et Le Monde De Demain, un film fantastique signé Kerry Conran.
Filmé à Londres et aux studios d’Elstree durant l’été 2005, Par Effraction est le premier scénario original d’Anthony Minghella à être produit depuis son premier film, Truly, Madly, Deeply, en 1991. Le réalisateur oscarisé signe ici un drame à la fois intimiste et universel, qui s’attache à la vie de personnages très différents. Jeunes professionnels d’excellente réputation, immigrés portant le fardeau de la guerre et des rigueurs économiques… Dans un quartier de Londres en pleine rénovation, les classes aisées empiètent sur les lieux où vivent les plus démunis, et les frontières de classe et de culture sont brouillées. Suite à une série de vols, réels ou métaphoriques, les protagonistes sont amenés à se rencontrer, à se lier, à se séparer et à se rapprocher à nouveau…
L’évolution de la démographie londonienne affecte directement sa géographie. De façon concrète, le personnage central de Par Effraction est un architecte paysagiste qui possède une habitation très confortable dans un quartier verdoyant du nord de la ville et un cabinet d’architecture de paysage dernier cri à King’s Cross. On a déjà vu ce quartier dans Ladykillers, et c’est aussi la gare d’où part le train des Harry Potter. La British Library et ses trésors de connaissance et de culture est située un peu plus haut. Mais comme beaucoup de quartiers environnant les grandes gares dans le monde, King’s Cross a aussi un côté plus sombre.
Alex Mcdowell, le chef décorateur, explique : « Nous avons eu du mal à trouver l’emplacement pour les bureaux de Green Effect. Au plan narratif, il fallait qu’ils soient situés à King’s Cross, mais dans un quartier délabré, miteux, qui n’existe plus aujourd’hui. La difficulté a consisté à trouver un lieu que l’on identifie géographiquement à King’s Cross mais qui en soit suffisamment éloigné pour être encore délabré. »
Les architectes dessinent les bâtiments, leurs formes dynamiques, leurs silhouettes audacieuses, leurs intérieurs faits à l’échelle humaine - des portes avec des poignées que nous pouvons ouvrir, des fenêtres à travers lesquelles nous pouvons voir, des escaliers que nous pouvons gravir…
Jude Law demande : « La question est : est-il pire de voler l’ordinateur de quelqu’un ou de voler son cœur ? »
Lorsque les auteurs du vol des locaux de la société d’Anthony Minghella à North London ont été arrêtés, celui-ci n’a pas été surpris d’apprendre que les criminels étaient jeunes et défavorisés et que leur vie était beaucoup plus compliquée que la sienne. Il a intégré ces éléments à son histoire et confie : « J’ai aimé l’idée d’un crime dans lequel d’une certaine manière, celui qui a commis l’acte est moins coupable que la victime. Le côté équivoque du crime m’intéresse : pourquoi les gens ont besoin de voler, qu’est-ce qu’ils volent. Quand nous étions jeunes, une maxime marxiste était très en vogue : je me souviens des affiches à l’université proclamant que « La propriété, c’est du vol ». Il y avait cette notion que posséder quelque chose était mal en soi. Je m’en suis écarté mais je peux comprendre la complexité des choses – le fait de posséder, le vol, la propriété, réclamer des choses, réclamer le monde, réclamer l’air et l’espace… »
Anthony Minghella raconte : « J’ai commencé à explorer l’idée de deux mères qui ont des enfants difficiles, merveilleux mais qui les mettent au défi à leur manière, et d’un système qui s’occupe d’un des enfants et d’un autre système qui néglige l’autre. J’ai donc créé ces deux familles, qui sont toutes deux de nationalité étrangère. Dans l’une, la mère est suédoise, son enfant a un problème d’autisme et souffre de fortes difficultés comportementales. La jeune fille est obsédée par la gymnastique, ne mange que des aliments d’une certaine couleur, ne dort pas et, étant en pleine puberté, ses difficultés sont exacerbées. Dans l’autre famille, il y a un garçon à peine plus âgé, qui est lui aussi gymnaste mais utilise son talent pour s’introduire dans des bâtiments. Sa mère est une réfugiée bosniaque d’à peu près le même âge que la mère de la fille, et c’est une femme tout aussi exceptionnelle. »
Anthony Minghella et Jude Law sont amis depuis longtemps, et les prestations de l’acteur dans Le Talentueux Mr Ripley et Retour à Cold Mountain lui ont valu plusieurs prix, dont deux nominations aux Oscars. Jude Law raconte : « Il ne s’agissait pas simplement d’un réalisateur qui appelle un acteur pour lui offrir un rôle. Anthony a une manière de procéder bien plus complexe. Il venait de finir le premier jet de son scénario quand il m’a appelé et m’a demandé de le lire. Nous en avons longuement parlé. Je lui ai dit que je l’aimais, il m’a répondu qu’il en était content et qu’il me rappellerait. Puis il s’est mis à retravailler le scénario, à y réfléchir pendant des mois. Je crois qu’il a pensé à moi à cause de notre relation passée et d’un respect mutuel, mais Anthony approche chaque projet en privilégiant ce qui est le meilleur pour le film. Il avait besoin de prendre du recul pour être certain que je serais bien pour ce film-là. »
J’ai toujours trouvé difficile d’écrire le scénario d’un film avant d’en avoir trouvé le « son ». Bien que profondément visuel, le cinéma est un média qui repose essentiellement sur l’oreille. Il faut que j’écoute énormément de musique avant de savoir par où commencer. Pour Le Patient Anglais, j’ai écouté des chansons arabes et hongroises, jusqu’à ce qu’un jour, sans savoir précisément ce que j’écoutais, je me retrouve piégé dans le chant mélancolique d’une femme. Pour mon oreille profane, cela sonnait comme une chanson arabe. Je suis allé voir mon lecteur de CD : c’était une chanteuse hongroise, Marta Sebestyen, et la chanson venait en fait de Transylvanie. La voix envoûtante de Marta, embrassant la musique de la frontière entre le Moyen-Orient et les Balkans, a joué un rôle significatif dans la création de la somptueuse musique de Gabriel Yared pour ce film.