Parce que j'étais peintre

Parce que j'étais peintre

Un film de avec Yehuda Bacon, José Fosty, Walter Spitzer, Samuel Willenberg, Kristina Zaorska
Genre : Documentaire - Durée : 0H0 mn
Sortie en salles le 05 Mars 2014 - en VOD/DVD le 02 Septembre 2014
Presse
Spectateurs

Résumé du film

Ce film mène une enquête inédite parmi les oeuvres réalisées clandestinement dans les camps nazis.
Il dialogue avec les rares artistes déportés encore vivants et avec les conservateurs de ces oeuvres : des émotions qu'elles suscitent, de leur marginalisation, leurs signatures ou leur anonymat, de leur style, ainsi que de la représentation de l'horreur et de l'extermination.
Surtout peut-être, il contemple longuement les dessins, croquis, lavis, peintures, conservés dans les fonds en France, en Allemagne, en Israël, en Pologne, en Tchéquie, en Belgique, en Suisse...
Dans ce voyage parmi ces fragments d'images clandestines et les ruines des anciens camps, il propose une quête sensible entre visages, corps et paysages, pour questionner la notion d'oeuvre et interroger frontalement l'idée de beauté.
L'enjeu en est dérangeant, mais peut-être pourrons-nous mieux nous figure ce que furent ces camps, appréhender les possibles de l'art et éprouver ce qu'est l'honneur d'un artiste - aussi infime et fragile que soit le geste de dessiner.
Nationalité : France
Duree : 0H0 mn
Sortie à la Vente en VOD/DVD le 02 Septembre 2014
Sortie en salles le 05 Mars 2014
Année de production : 2013
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Bande-annonce

Critiques

  • ★★★
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Entretien avec Christophe Cognet

Parce que j’étais peintre est un film qui vient de loin, plus de dix ans de vie et de travail. Peux-tu raconter cette genèse ? Qu’est-ce qui t’a amené à cette question difficile de la beauté dans les camps nazis ?
Le point de départ est relativement fortuit : en 2000, des amis me présentent Boris Taslitzky, un peintre communiste important, formé par Aragon, qui accompagne le Front populaire et participe à la création du premier syndicat de peintres dans les années 30. Résistant, il est déporté à Buchenwald, où il fait des dessins clandestins qui sont devenus assez connus. Boris était un très grand dessinateur. Un livre a été publié, qui s’appelle Dessins faits à Buchenwald. Je fais un film sur toute sa vie. Le film s’appelle L’Atelier de Boris, car je choisis de ne pas quitter l’atelier, comme un endroit d’où on voit le monde entier. Car après Buchenwald, Boris a peint d’autres grands événements du siècle : les massacres de Sabra et Chatila, la chute de Pinochet au Chili – sans y être allé, depuis son atelier, dans une continuité du réalisme. Or, Boris m’avait dit deux choses. Premièrement, qu’ils étaient une dizaine d’artistes à Buchenwald, à dessiner ou peindre clandestinement. Deuxièmement, lorsque je lui demande si ça vaut le coup que j’aille à Buchenwald, il me répond : « Il n’y a plus rien à voir là-bas, mais si vous n’y allez pas vous ne pourrez pas comprendre. » Cette phrase me frappe, je vais à Buchenwald, et j’ai ce choc du vide. Je perçois un rapport entre tous les récits entendus, toutes les peintures que j’avais vues, de lui et des autres, et le vide : Buchenwald est une immense plaine vide – même s’il reste le crematorium, la porte d’entrée et l’Effekten-Kammer, l’endroit où étaient consignées les affaires des prisonniers, qui a été transformé en musée. Je réalise alors qu’il y a une compréhension du corps, une appréhension des lieux par le corps. Tant que le corps ne s’est pas déplacé dans l’espace, il y a quelque chose de l’événement qui y a eu lieu qu’on ne comprend pas. Il faut toujours ramener un événement à cette dimension corporelle des choses. Ce n’est pas seulement intellectuel, ni même visuel. Pour moi le cinéma est très lié à cette question des corps qui se déplacent. Je me dis qu’il y a un film à faire à partir de cette intuition. Mais je n’aborde pas l’art comme un moyen pour me représenter ce qu’ont vécu les gens dans les camps. C’est plutôt : comment puis-je combler un peu le gouffre entre mon corps qui se déplace et pense reconnaître quelque chose dans ces espaces vides, et ces images, ces récits.

Notes de Production

« Je n’ose pas le dire. Je ne devrais pas le dire, mais pour un peintre, c’était d’une beauté incroyable. »
Zoran Music, déporté à Dachau

Yehuda Bacon
Vit à Jérusalem. Né en 1929 en Tchécoslovaquie dans une famille juive religieuse. Déporté à Terezin avec toute sa famille, il y ap > Plus
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