C’est en 1998 que
Sophie Bruneau et
Marc-antoine Roudil ont posé leur caméra dans un office notarial de Haute Auvergne. Les deux cinéastes ont ainsi suivi quatre affaires, quatre moments de vie. Des instants touchants, entre négociations impossibles – qui se font toujours en anciens francs – et découvertes miraculeuses, la caméra se fait totalement oublier au profit de ces histoires. Les personnages, remarquables de vérité, ne se soucient guère de la présence de la caméra. Avec un naturel drôle et déconcertant, ils nous livrent un instant, souvent intime, de leur vie.
Parmi ces quatre histoires, deux ventes, l’une d’une maison, l’autre d’un terrain agricole. On retiendra pour la première la remarquable personnalité du vendeur - âgé et intransigeant -, pour la deuxième la querelle ancestrale entre le propriétaire des terres et l’acheteur potentiel, actuel fermier exploitant du terrain. De très belles scènes de négociations où le notaire se fait agent immobilier, finissant parfois par imposer son compromis pour clore une histoire impossible.
Le dossier de succession est peut-être celui qui marque le moins, quoique la visite au café mérite le détour. On retiendra enfin de l’inventaire d’une maison suite à un décès les fabuleuses trouvailles du notaire, les fameux "bas de laines" où se cachaient plusieurs milliers de francs en anciens billets Pascal.
C’est donc toute en retenue, avec l'art d'un Depardon, que
Sophie Bruneau et
Marc-antoine Roudil nous font pénétrer dans un univers souvent méconnu voir inconnu. A travers ces quatre épisodes, les réalisateurs dépeignent une France rurale attachante, belle et vraie. Une France qui apparaît finalement comme le reflet de multiple problèmes, sociaux ou familiaux.
Amélie Chauvet