A film moyen, DVD moyen.
PEAU D’ANGE, premier pas de
Vincent Perez dans le monde de la réalisation, sort aujourd’hui en DVD. Pas grand-chose à redire au niveau du film en lui-même : bonne qualité du son, qui met en valeur les silences pesants, les murmures et les paroles prononcées à voix basse, et cette petite cantate que nous jouions autrefois, qui nous berce doucement dès que l’on navigue dans les menus. Bande originale que l’on trouve, bien à part, sur le deuxième DVD.
Ca commence donc bien.
Bonne qualité des images, qui retranscrit à merveille le travail du directeur de la photo, le contraste clair obscur, des ombres sur les murs aux reflets sur les visages.
Des ombres qui se croisent et se perdent, des images et des mots qui se croisent sur les écrans de menus, comme les destins des personnages du film. On se prend au jeu, on a l’impression que l’on va s’envoler, à l’instar de cette petite fille aux ailes d’anges improvisées. On se prépare, on prend notre envol, on bat maladroitement des ailes, comme un oiseau sorti du nid, on explore, on cherche, on espère.
Malheureusement, la chute est rude. Et rapide !
Bonus, vous avez dit bonus ? Il est vrai que lorsque l’on aime
Vincent Perez, on peut considérer cela comme des bonus.
Vincent Perez dans un champ de colza,
Vincent Perez et sa caméra,
Vincent Perez et ses ailes d’ange… Et les deux courts-métrages surprises réalisés par
Vincent Perez en 1992 et 1999. Autant dire que celui qui ne l’aime pas passera sa route de suite. D’autant plus que, question bonus, on n’est pas aidé.
Les coulisses ne sont rien d’autre que la version longue (5 minutes au lieu de 2) du "Temps d’un Tournage", petite émission qui passe régulièrement sur TF1 entre deux publicités. Bref, un making off peu instructif.
On lorgne alors d’un œil avide le bonus "Scènes coupées" qui clignote devant nos yeux comme une enseigne de station-service au milieu d’une autoroute déserte. Dommage, on y trouve que deux scènes supplémentaires coupées au montage (et l’on comprend bien vite pourquoi), deux séquences de quelques secondes chacune, sans réel intérêt, ni replacées dans le contexte, ni commentées par qui que ce soit.
Un peu perdu, un peu déçu, mais trépignant d’impatience pour la suite, on continue notre exploration. Les traditionnelles photos. Esprit habitué à ce bonus quelque peu ordinaire, on est dans le droit de ne pas en attendre beaucoup, étant donné le traitement réservé aux deux scènes coupées laissées quelque peu à l’abandon.
Et, pourtant, tout étonné et heureux, on découvre sept jolies photos de tournage, des sourires et des rancœurs, et par bonheur, sous-titrées. Il est vrai que
Vincent Perez se trouve toujours une petite place dans le cadre, mais bon si on ne l’aimait pas, soyons sérieux, on ne regarderait peut-être pas le film. Alors brandissons notre amour pour l’acteur réalisateur, et crions haut et fort notre intérêt secret pour la star des bonus.
Et, finalement, après un trajet quelque peu périlleux, et parsemé de déception, on en arrive aux trois réalisations de
Vincent Perez. Pas de filmographie. On ne sait donc pas où ni quand interviennent ses essais derrière la caméra.
Dommage.
Mais ces deux court métrages et ce vidéo-clip permettent au spectateur de voir évoluer le talent certain de l’acteur devenu pour un temps réalisateur. Histoire de dégager ses thématiques récurrentes, son intérêt pour les échanges de paroles, de destin, de silence et de contradictions.
Auto promotion ? Le terme est peut-être un peu dur. Car
Vincent Perez a beau être caché aux quatre coins de ces bonus, c’est peut-être simplement pour nous faire découvrir sa nouvelle casquette de metteur en scène. Une opportunité pour montrer qu’il n’est pas seulement un bon acteur.
Et puis, finalement, on l’aime bien quand même, Vincent.
Aurélie Maulard