Neuf ans après PEDALE DOUCE,
Gabriel Aghion décide enfin de passer à la vitesse supérieure. Son premier opus avait tenté une approche réussie dans le milieu homosexuel, le second promet d'être plus "dur", donc plus corrosif, plus provocateur voire carrément polémique. L'arrivée de
Bertrand Blier au scénario semble confirmer cette tangence. Au départ, ça s'annonce presque bien.
Oui, mais voilà, les têtes d'affiche du premier épisode -
Patrick Timsit,
Richard Berry, Jacques Gamblin,
Fanny Ardant - ont disparu. Seule
Michèle Laroque joue les revenantes, une nouvelle fois enceinte et finalement accessoire puisqu'elle disparaît au milieu du film. Quant à
Jacques Dutronc, on a tout simplement l'impression qu'il s'est trompé de casting. Aie.
De leur côté,
Gérard Darmon joue les folles enceintes et outragées et
Dany Boon ne peut pas s'empêcher de gigoter comme s'il avait une guêpe dans son pantalon. Re- aie.
PEDALE DURE essaye pourtant de maintenir le cap du premier opus en tentant quelques discours maladroits sur des thèmes plus graves, comme l'adoption d'un enfant, le mariage ou la reconnaissance. Mais comme le tout est récité par Danny Boon comme s'il était en plein sketch, la tragédie laisse vite place à la fatigue. Les dialogues sonnent faux, les blagues tombent à plat, les répliques sont prévisibles, les situations crient au déjà vu, et le tout ennuie profondément.
Loin des revendications et de l'humour de l'épisode précédent, on patauge dans la mauvaise parodie et s'englue dans un pastiche affligeant…
"La vie est une caricature" s'écrit
Gérard Darmon au début du film. Ceci explique peut-être cela.
Aurélie Maulard