Résumé du film PinaDansez, dansez sinon nous sommes perdus...
Pina est un film pour Pina Bausch de Wim Wenders. C'est un film dansé en 3D, porté par l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal et l’art singulier de sa chorégraphe disparue à l’été 2009.
Ses images nous convient à un voyage au coeur d'une nouvelle dimension, d’abord sur la scène de ce légendaire Ensemble, puis hors du théâtre, avec les danseurs, dans la ville de Wuppertal et ses environs - cet endroit dont Pina Bausch a fait son port d’attache durant 35 ans et où elle a puisé sa force créatrice. Séances : PinaCe film est projeté dans 6 salles en France Les avis sur le film Pina
Entretien avec Wim WendersIl vous est arrivé ce qui peut arriver de pire lorsqu’on fait un film : la mort du personnage principal. Le projet n’était-il pas mort en même temps que Pina Bausch ?
Pina était bien plus que le personnage principal. Elle était la raison même pour laquelle il fallait faire ce film. Nous étions en pleine préparation, à la veille des premiers essais de tournage en 3D avec l’Ensemble à Wuppertal, lorsque nous avons appris la disparition brutale de Pina. Et là, bien entendu, nous avons d’abord tout arrêté. Il semblait absurde de vouloir encore faire le film. Car Pina et moi avions porté ce projet ensemble pendant vingt ans. A l’origine, c’est moi qui avais proposé spontanément cette idée à Pina, dès le milieu des années 80. Et peu à peu, c’était devenu une sorte de running gag entre nous. Pina me demandait : « Alors, Wim, tu veux le faire, cette fois ? » et je répondais : « Je ne sais toujours pas comment, Pina ! » Tout simplement, je ne voyais pas comment il fallait filmer la danse – même après avoir étudié tous les films de danse possibles. C’est que la danse-théâtre de Pina Bausch est si libre, si joyeuse, et elle est si vivante que je ne savais vraiment pas comment on pouvait la filmer de manière adéquate. Jusqu’au jour où j’ai vu un film tourné avec le nouveau 3D numérique. J’ai tout de suite appelé Pina, avant même de sortir du cinéma : « Cette fois, Pina, je sais comment on va faire. » Entretien avec le producteur 3D Erwin M. Schmidt sur le processus de productionLes nouvelles possibilités offertes par la technologie 3D numérique
La technologie numérique permet un contrôle complet de l’image tout au long du processus de production, depuis le tournage jusqu’à l’exploitation en salles en passant par la post-production. En cela, cette technologie est le support indispensable au boom récent de la 3D, qui a surmonté les difficultés rencontrées par le format 3D analogique des vagues précédentes, des années 50 et 80. Les caméras numériques sont synchrones et offrent, tout comme les projecteurs numériques, une stabilité d’image absolue, ce qui est capital pour la perception en 3D. Au début de la préparation de Pina, l’offre en matériel et en personnel spécialisé était encore très restreinte. Un heureux hasard nous a fait rencontrer un grand expert, le stéréographe Alain Derobe, et nous avons pu ainsi nous familiariser de manière intensive avec les prototypes de rigs à miroir qu’il a mis au point, tout en profitant de ses connaissances et de son enthousiasme inépuisables. Notre critique : Pina Hommage à une étoile filante-
Comme Au Cinema

Peu connue du grand public, l’incroyable chorégraphe allemande Pina Bausch disparaît soudainement à l’été 2009. Coup de tonnerre dans le milieu de la danse… et, bizarrement, dans celui du cinéma. Quelques mois après le documentaire Les Rêves Dansants, Sur Les Pas De Pina Bausch d’Anne Linsel et Rainer Hoffmann, le 61ème Festival International Du Film De Berlin 2011 a pu découvrir, en février dernier, le renversant Pina de Wim Wenders.
Dansez, dansez sinon nous sommes perdus...
Si on rechigne à utiliser le terme fourre-tout d’ OVNI cinématographique devant l’œuvre de Wenders (et auquel la chorégraphe et amie du cinéaste avait participé avant sa disparition), force est de constater que celle-ci a de quoi déconcerter. Long-métrage (porté par l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal, la troupe de Pina Bausch) quasi intégralement dansé et diablement filmé grâce à la technologie 3D, Pina est une déclaration d’amour au corps, à la danse, à Pina et, surtout, au cinéma.
Loin des vaines agitations des dernières (grosses) productions en 3D, Pina révolutionne – déjà ! – ce style naissant avec une énergie foudroyante. Jamais encore on n’avait vu pareils tableaux prendre vie sur grand écran. Totalement au service des chorégraphies organiques et radicales de Bausch, le film – parfois âpre de par son intransigeance – s’articule autour des quatre ballets majeurs (dont Le Sacre du Printemps, Full Moon et surtout Café Müller) de l’artiste et de témoignages – racontés en mots et en pas de danse - de ses danseurs. C’est d’ailleurs au cœur de ces derniers que l’on découvre les plus belles trouvailles : sortant la danse des lieux clôts et prouvant ainsi que sa vraie place est en liberté, Pina la montre sauvage et fragile, légère ou furieuse, remplissant l’espace même le plus incongru.
Bizarrement aussi surréaliste qu’humain, le Pina de Wim Wenders se révèle une expérience radicale, certes, mais terriblement magnétique.
Eléonore Guerra
Critiques : Pina -
Brazil

" La maîtrise des cadrages frôle la perfection et le tout associé à la diversité et la beauté des chorégraphies donne un ensemble grandiose. (…) Pina est vibrant, Pina est décapant. (…) c’est une véritable émotion qui transpire de ce film, de celle qui vous font pleurer ou sourire, voire les deux (…) Un hommage poignant."
Benzedrine (article entier disponible dans Brazil n°39, page 19
-
Elle

" Wenders réussit à nous faire ressentir la palpitation du désir, le principe d’attraction et de répulsion qui agit entre les danseurs et sur les spectateurs. On sort de ce film-hommage bouleversé. "
Florence Ben Sadoun (article entier disponible dans Elle n°3405, page 46)
-
Technikart

" Des blocs de sauvagerie musicale purs enfilés les uns à la suite des autres, encapsulés dans une 3D suffocante qui vous met sans dessus dessous dans une sorte de transe extatique. "
François Grelet (article entier disponible dans Technikart n°151, page 110)
-
Figaroscope

" La danse relève le défi de la 3D dans ce portrait en creux de la chorégraphe disparue, magistralement réalisé. "
Ariane Bavelier (article entier disponible dans Figaroscope du 06/04/2011)
-
Le Parisien

" La grande réussite de Pina tient à la 3D : on a l’impression de se retrouver sur scène aux côtés des danseurs, d’être enfin au cœur du spectacle vivant. "
Marie Sauvion (article entier disponible dans Le Parisien du 06/04/2011)
Caractéristiques du DVDSuppléments :
- Making of commenté en français par Wim Wenders
- Scènes coupées (40’)
- Bande-annonce, VOST.
Le tout en SD dans le DVD, en HD 2D dans le blu-ray 2D et en HD 3D dans le blu-ray 3H hors bande-annonce. Test DVD
Le film de Wim Wenders s’accompagne d’un passionnant (et didactique) making of mené par le cinéaste lui-même. Développé en cinq chapitres, le module nous prend par la main en toute simplicité, narrant la genèse de Pina ou dévoilant discrètement quelques morceaux de danse inédits. Mais le principal attrait de ce making of de près de quarante minutes s’avère surtout être le travail d’explication et de démonstration du processus d’un tournage en 3D. Fascinant. Eléonore Guerra Note pour la presseAprès la disparition soudaine de Pina Bausch à l’été 2009 – alors qu’elle préparait le tournage avec Wim Wenders – ce dernier a dû, après une période de deuil et de réflexion, reprendre entièrement la conception de son film sur et avec Pina Bausch. C’est devenu un film pour Pina Bausch. On y trouve, en plus des chorégraphies qu’ils avaient choisies ensemble : Café Müller, Le sacre du printemps, Vollmond et Kontakthof, un petit nombre d’images et de documents sonores sur sa vie. On y voit aussi, filmés en 3D à Wuppertal et dans ses environs, les membres de l’Ensemble du Tanztheater danser les souvenirs personnels qu’ils gardent du regard rigoureux, critique et bienveillant de leur grande inspiratrice. L'histoire du projetEn 1985, Wim Wenders est profondément ému et impressionné lorsqu’il voit pour la première fois une pièce de la chorégraphe Pina Bausch, Café Müller, lors d’une tournée du Tanztheater Wuppertal à Venise. La rencontre des deux artistes fait naître une amitié qui va durer des années et aussi, au fil du temps, le projet d’un film à faire ensemble. Mais cette idée se heurtera longtemps aux limites du cinéma lui-même : Wenders sent qu’il n’a pas encore trouvé la forme adéquate pour transposer dans l’espace l’art singulier de Pina Bausch, fait de mouvements, de gestes, de langage et de musique. Ce film en commun devient au fil des années le sujet de plaisanteries par lesquelles les deux artistes se rappelent régulièrement leur projet. Choc et nouveau départDébut 2009, Wim Wenders et sa société de production Neue Road Movies commencent à préparer concrètement la production avec Pina Bausch et l’Ensemble du Tanztheater Wuppertal. Après six mois de travail intensif, deux jours avant le premier essai de tournage en 3D à Wuppertal, l’inimaginable se produit : Pina Bausch meurt soudainement le 30 juin 2009. Dans le monde entier, les admirateurs de son art et les amis du Tanztheater Wuppertal pleurent la mort de la grande chorégraphe. Ce décès semble signifier la fin du projet de film commun. Wim Wenders arrête aussitôt la préparation, persuadé que ce film est impossible à réaliser sans Pina Bausch. Une innovation artistique et une expérience totalement nouvellePina n’est pas seulement l’un des premiers films européens en 3D, c’est aussi le premier film d’auteur en 3D au monde. Le producteur Gian-piero Ringel n’a pas eu la tâche facile : « Avec Pina, nous explorons un terrain totalement vierge, que ce soit du point de vue technique ou du point de vue du genre. Trouver des experts pour la conception technique et la réalisation a déjà été une gageure, car ils sont très peu nombreux ». En ce moment on assiste, grâce à la technologie 3D numérique, à la naissance d’un nouveau langage cinématographique – et c’est un défi pour tous les producteurs : « Nombreux sont les réalisateurs qui hésitent encore à travailler en 3D, parce qu’il n’y a pas encore de précédents qui aient rencontré le succès. Nous voulions être des pionniers de cet élargissement du langage cinématographique à la troisième dimension ». Le tournagePina a été tourné à Wuppertal en deux périodes, fin octobre 2009 et mi-avril 2010. Lors de la première période, les pièces Café Müller, Le sacre du printemps et Vollmond ont été filmées en intégralité, en public, sur la scène de l’Opéra de Wuppertal. Le planning très serré de la tournée mondiale du Tanztheater ne laissait qu’une fenêtre très étroite pour ces enregistrements. En plus de la nouveauté de l’enregistrement 3D, la situation de direct a considérablement accru les difficultés, puisqu’il était impossible d’interrompre et de reprendre les prises à la demande. La complexité d’une captation sur le vif en 3D a demandé une préparation et une planification très intensives. |
|
|