Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à l’affaire Flactif ?
Je suis né en Haute Savoie, et j'ai grandi dans un village de montagne, tout près de l’endroit où s’est déroulé ce drame. Lorsqu’un fait divers médiatisé survient non loin du pays où vous avez passé votre enfance, vous y êtes d’autant plus sensible. Et puis, je me rappelle avoir été surpris en voyant David Hotyat interviewé à la télévision, comme témoin. Dans la manière dont il s’exprimait sur ses voisins disparus perçaient de la jalousie et une méchanceté insolente. Cela m’avait intrigué. L’affaire a pris de l’ampleur, elle est devenue « l’Affaire Flactif », vous noterez d’ailleurs qu’elle l’est restée, portant le nom de la victime, comme « l’affaire Gregory », alors que la plupart du temps on rebaptise l’affaire du nom du tueur. Et quand on a découvert le mobile du crime, stupeur ! Assassiner une famille pour s’approprier un chalet ! J’ai suivi le procès en 2006, pris des notes, gardé des documents et je me suis constitué un dossier. L’idée d’en faire un film s’est progressivement imposée : j’ai à cœur d’explorer les différentes facettes de la nature humaine, des sentiments universels et intemporels, et là, j’avais la possibilité d’en étudier un versant sombre, les rouages de la convoitise, l’engrenage de l’envie.