Mariah Carey défend son très beau Precious
Autant le dire tout de suite : les aveux qui vont suivre sont peu glorieux pour l’auteure de ces lignes. Cependant, un grand penseur a dit un jour que chacun avait droit à son quart d’heure de honte. Ou peut-être était-ce une phrase de mon voisin.
Lorsqu’on a su que le film
Precious de
Lee Daniels faisait partie de sélection d’
Un Certain Regard de
Cannes 2009, on était plutôt contents de se voir offrir l’opportunité de découvrir la perle du dernier
festival de Sundance. Enfin, « contents » n’est pas exactement le terme à employer étant donné que
Precious suit les difficiles aventures d’une jeune fille obèse, illettrée, maltraitée par sa mère et violée par son père (qui lui fait d’ailleurs deux enfants au passage). Disons juste qu’on était très intrigués.
Mais, mais… MAIS lorsqu’on a su que le film allait être soutenu par son réalisateur, ses actrices et
Mariah Carey, alors là c’était trop beau !
Mariah Carey. Mariah. Meuriah Carey ! Ze diva par excellence. Que venait-elle donc faire ici, en sélection parallèle pour un long-métrage tout sauf glamour ? Accompagnée de
Lenny Kravitz qui plus est ?
Il fallait en avoir le cœur net.
Tenue de combat enfilée (
Dress code de diva, accréditation, mais malheureusement pas de parapluie. Et oui, il pleut aussi à Cannes), on part en mission « Infiltration » de la présentation officielle de
Precious.
Thierry Frémaux appelle sur scène l’actrice principale
Gabourey 'Gabby' Sidibe,
Paula Patton,
Lenny Kravitz,
Lee Daniels et… Meuriah ! Oh bon sang, heureusement qu’on s’est scotchés au premier rang !
La chanteuse traverse la salle, tout chez elle respirant la
diva attitude, même sa façon d’applaudir (les deux bras en avant, tel un élégant pingouin).
Rapidement, le mystère de sa présence est éclairci : Meuriah tient à défendre ce film qu’elle a appuyé et dans lequel – à l’instar de
Lenny Kravitz – elle tient un rôle, celui d’une assistante sociale (brune, sans maquillage, ni brushing, ni même une mini-robe. Mé-con-nais-sable).
Unbelievable.
Place ensuite au film. Un concentré d’audace, de pudeur, d’humour et de courage, servi par trois actrices (
Gabourey 'Gabby' Sidibe,
Paula Patton et Mo’nique) phénoménales.
Une réussite accueillie par une
standing ovation finale provoquant les larmes de
Lee Daniels. Heureusement, Meuriah était là pour humblement (si, si je vous jure !) le soutenir… Avant de filer faire la nouba à la Villa Murano.
Mais ça, c’est une autre histoire.
Eléonore Guerra (Cannes, le 16 Mai 2009)