Ciné Live :
"A l’instar d’un Georges Rouquier (FARREBIQUE), il donne à voir une matière brute avant d’offrir à disserter. Le monde rural vit replié sur lui-même et sur son vieillissement, fruste et méfiant envers l’étranger qui les filme en silence.
Hormis une séquence forte entre un éleveur et un acheteur de bétail, qui débattent des tarifs dans une pseudo-familiarité tendue, cette succession de plans ne dessine qu’avec des pointillés très espacés la vie des paysans. "
Grégory Alexandre (Article entier disponible dans Ciné Live N°47 p.78)
Les Cahiers du cinéma :
"Premier chapitre de trois films consacrés au ponde rural, PROFILS PAYSANS : L’APPROCHE nous amène dans les régions de la Lozère, de la Haute-Saône, Ardèche et Haute-Loire, dans ce monde paysan que Depardon connaît bien pour avoir lui-même passé son enfance dans une ferme de la vallée de la Saône.
Frappe ce parti pris de ne filmer qu’en intérieurs, à l’exception de deux séquences importantes. D’emblée, Depardon refuse tout pittoresque, toute contemplation touristique de ces paysages de montagne, réduisant hameaux et villages à des plans de panneaux, pour se concentrer sur la parole quotidienne de ces paysans et l’observation de la vie sociale qui se joue dans ces cuisines sans confort. "
Jean-Sébastien Chauvin (Article entier disponible dans Les Cahiers du Cinéma N°557, p.104)
Chronic’art:
"La méthode de Depardon -discrétion absolue du filmeur à l’écoute du filmé- impose souvent une place délicate au spectateur. Un peu à l’image du récalcitrant décrit plus haut, mais pour des raisons inverses, on est parfois méfiant sur le procédé. Habitué à tant de paroles plaquées sur les choses filmées, on est presque en manque d’un commentaire, d’une explication : c’est qu’on trouve souvent dans les mots un lieu d’où l’on peut réagir face à ce qu’on voit ; on enrage contre un commentaire idiot, mal informé, superficiel.
Les documentaires de Raymond Depardon ne donnent pas prise à ces réactions habituelles. C’est en ce sens qu’ils sont surprenants, par l’absence -apparente bien sûr- d’un point de vue marqué c’est-à-dire d’un point de vue dit qui passe par la discrétion de la caméra. Absence apparente bien sûr, car rien ne dit plus la présence de la caméra que la fixité du plan. "
Frédéric Bas (Article entier disponible sur le site de
Chronic’art)