"Lʼunité filmique pour De Palma nʼest pas lʼimage, ni le plan, mais la scène. Tous les films de De Palma tournent autour dʼune seule scène: le bal de Carrie, la fuite hors de lʼinstitut dans Furie, lʼascenseur de Pulsions. Les différentes démarcations (le ralenti, le split-screen, le faux-raccord, ou, dans Snake Eyes, le plan-séquence) font de la scène un morceau détachable. La scène est matricielle. Elle intervient à un moment stratégique: générique (normal, puisque cʼest elle qui “génère” le film), ou acmé. Cʼest elle qui déclenche les images, cʼest elle qui les projette. Elle est un réservoir dʼimages et de motifs où le film vient puiser à volonté.