Et si Bridget Jones avait été élève de Première dans un lycée parisien ? Elle aurait sans doute beaucoup ressemblé à Bethsabée, alias l’incroyable bébé. Ici, point de courses au régime ou de cuites pathétiques, mais les fous rires, coups de gueule et interrogations sur la vie sont les mêmes. Bébé, 17 ans, mi gamine mi femme, tente de devenir adulte tout en protégeant sauvagement ses « droits d’ado ». Elle est forte et fragile, tendre et caractérielle, attachante et véritable chieuse : une vraie bombe à retardement ! Plus rien à voir avec la Vic (
Sophie Marceau) gentillette et proprette de
La Boum…
Surdouée (écriture, jeu, chant),
Salomé Blechmans est de chaque plan et illumine l’écran, sublimée par la caméra de son père,
Charles Belmont.
Qui de nous deux est tout simplement un long regard attendri sur son personnage, le tout sur une bande originale acidulée très bien sentie, l’onirique M en tête. Même s’il prend parfois des aspects sitcom, le film est assez juste dans sa façon d’aborder une certaine jeunesse – l’adolescence parisienne – et d’évoquer les incertitudes de l’adolescence : l’amour, la mort, l’avenir, les copines, le chocolat… Grands paliers de la vie ou petits riens du quotidien, on suit Bethsabée - véritable bulldozer à émotions – se frotter et se cogner au monde.
Si ces messieurs ne pourront que joyeusement constater à quel point les femmes viennent d’une autre planète, la gent féminine risque fort de se (re)découvrir avec tendresse dans ce portrait sucré. Attention : Risque d’une forte hausse de la consommation de
Fraises Tagada et de tartines de
Nutella après le film.
Eléonore Guerra