Drôle d’épopée historique que
Hélène Angel nous propose là. Un
Daniel Auteuil tueur d’enfants, une
Emmanuelle Devos muette, un
Titoff poète et un
Sergi Lopez aux allures de sanglier. Cherchez l’erreur ! Les acteurs ont beau se démener comme ils le peuvent – à part un, à vous de trouver lequel-, il reste difficile de rentrer dans l’esprit du film. En vrai guerriers farouches et solitaires, ils nous laissent sur le bord du chemin dès les premières minutes… Résultat, on les regarde évoluer dans un univers totalement déjanté, aux pays des soldats dragqueens et autres fantômes aux yeux noirs exorbités. Mais où est-ce que l’on a bien pu tombé ? ! Soit ces doux dingues se sont tous échappés d’un asile le jour du Carnaval, soit
Hélène Angel a décidé de nous livrer sa propre vision, totalement imaginaire, d’un Moyen Age sous acide.
Mélange de contes bizarroïdes à la sauce moraliste, il en reste un film sans ni queue ni tête (ni bras ni jambes d’ailleurs) dont l’histoire ne tient qu’avec trois bouts de ficelle et deux rouleaux de scotch. Tout sonne cruellement faux. Là où
Le Pacte Des Loups arrivait à nous faire à peu près croire à un Moyen Age pittoresque et sanglant, les images de RENCONTRE AVEC LE DRAGON semblent intemporelles. Du coup, ces figurants se baladant sur la plage avec des costumes en forme de goutte de sang pour une cérémonie papale ou une rave party ressemblent seulement… à des figurants se baladant sur la plage avec des costumes en forme de goutte de sang. Usant à tort et à travers des longs plans d’ensemble gigantesques, la cinéaste nous fournit là de beaux paysages - la plaine, les collines, la montagne, la neige, et même la lune qui traverse l’écran du haut à gauche au bas à droite à l’allure d’un escargot. De quoi perdre d’ennui le fil déjà bien mince que les scénaristes ont laissé derrière eux.
Bref, une rencontre hallucinante et hallucinatoire, où l’on sait plus très bien si l’on est du bon, du mauvais côté du miroir ou coincé entre les deux. Certains y verront peut-être un conte moderne et dépaysant. Encore faut-il tomber sur la porte d’entrée de l’univers fantasmagorique de la réalisatrice. Moi je ne l’ai pas trouvée…
Aurélie Maulard