LE CINEMA, LA RAGE AU CORPS
Dès l’instant où j’ai eu envie de faire un film, je n’ai jamais rien lâché. Car je suis en réaction par rapport aux clichés et aux a priori dans lesquels on voudrait m’enfermer : il faut dire que je n’avais pas toutes les cartes en main à la naissance. J’ai donc envisagé ce film comme un voyage initiatique, à la fois beau et violent, qui va au-delà du cinéma. Et j’ai commencé à travailler sur RENGAINE de la même manière qu’avec mes créations littéraires. Je me suis aussi rendu compte que ma rencontre avec Christophe Rossignon et Mathieu Kassovitz, à l’époque de
La Haine, avait été décisive et m’avait poussé à m’engager dans ce projet. Je me suis souvenu du jour où j’avais découvert Kassovitz qui tournait place Saint-Eustache : alors qu’il était recroquevillé comme un fœtus, la tête dans ses mains, tous ses techniciens étaient concentrés autour de lui et il n’y avait de place que pour le silence. Cette image m’a beaucoup marqué et donné envie de faire du cinéma.