Résumé du film Requiem pour Billy The KidQuelque part au Nouveau-Mexique, un village de 38 habitants perdu au milieu d’une étendue désertique : Lincoln. Figé depuis la ruée vers l’or, Lincoln n’a connu qu’une seule gloire, en 1881, Billy the Kid, alias William Bonney, le fameux desperado est tué à 21 ans par Pat Garrett, shérif du comté de Lincoln. Dossier Classé.
Pourtant en juin 2003, Tom Sullivan, l’actuel shérif du comté de Lincoln, décide de rouvrir le dossier Billy the Kid. Une rumeur tenace accuse Pat Garrett d'avoir tué un inconnu à laplace du Kid et d'avoir empoché les 500 dollars de prime. Billy en aurait profité pour changer d'identité et se faire la belle sous d'autres cieux. On murmure que le Kid serait mort au Texas en 1950. Si Garrett, le flic intègre n’a pas tué le Kid, Pat Garrett serait-il alors un Ripou? Le shérif Sullivan veut en avoir le coeur net. Flanqué de son adjoint et de leur ami le shérif de Fort Sumner, Sullivan mène la plus stupéfiante enquête de sa vie. Le temps presse : Sullivan n’a qu’un an pour rétablir la vérité sur l’évasion du Kid et élucider les circonstances de sa mort. Passé ce délai, il sera déclaré hors service et mis à la retraite. 1 vidéo : Requiem pour Billy The KidGalerie Photos : Requiem pour Billy The KidLes avis sur le film Requiem pour Billy The Kid
Notre critique : Requiem pour Billy The Kid Enquête lyrique dans la contrée du Kid-
Comme Au Cinema

Billy the kid est mort en 1881, à Lincoln, Nouveau-Mexique. En 2003, deux shérifs et un adjoint au shérif décident de rouvrir l'enquête qui a fait la renommée de leur petite ville : l'exécution de Billy the kid par son ami devenu shérif, Pat Garrett. Une rumeur court affirmant que ce dernier aurait laissé la vie sauve au gamin. Investigation.
Les deux personnages sont fort symboliques. Dans la conscience commune américaine bien sûr mais surtout dans ce lieu perdu du désert où ces deux légendes sont de chair. Tom Sullivan, l'actuel shérif du comté de Lincoln, a toujours pris Pat Garrett en exemple car il est l'homme de l'ombre qui s'est rangé. D'autres préfèrent le vagabond aux yeux bleus. Les habitants en parlent comme des amis et l'utilisation des images du film de Sam Peckinpah, Pat Garrett Et Billy Le Kid permet aux spectateurs de visualiser le passé.
Pour parler de Requiem Pour Billy The Kid, il faut dissocier un peu les deux exercices auxquels se prête Anne Feinsilber. D'un côté, il y a l'aspect documentaire qui nous entraîne dans un monde que l'on croyait défunt mais qui se dévoile sous les yeux de sa caméra. Les cow-boys de l'Ouest ne sont pas morts avec Billy the kid. Ils se retrouvent toujours autour d'un verre, d'une guitare et d'un harmonica. Les shérifs ont toujours une étoile en métallique accrochée à leur chemise en jean, un chapeau sur le front et un colt à la ceinture. Pour eux, les deux frères ennemis ne sont pas des personnages de films mais Pat et Billy (comme ils les appellent) ont foulé le même sol qu'eux, ont fait fureur dans ce coin et ont rencontré leurs grands-pères.
Face à cette "réalité de la légende", la réalisatrice peut mener l'enquête et offrir son commentaire. Requiem Pour Billy The Kid est ainsi également un jeu de voix off : celle de la narratrice ( Anne Feinsilber) et celle de Billy, pleine de malice ( Arthur H, en vf). Les textes écrits comme des poèmes ornent les images de la ville, du désert, de la tombe de Billy et les deux voix entrent au fur et à mesure en communication. Il est vrai que la réalisatrice est peut-être un peu trop amoureuse du Kid (et de Rimbaud avec qui elle ne cesse de faire le rapprochement), peut être que le dialogue entre les deux voix est un peu poussé mais on se laisse bercer par cette mélodie où il n'y a pas vraiment de méchant, mais plutôt des circonstances qui font le monde. L'intervention de Kris Kristofferson, qui incarnait Billy the kid dans le film de Sam Peckinpah, est une autre belle manière de dresser le portrait des deux hommes. Celui qui fut le kid, un héros romantique trop jeune pour mourir, commence, en vieillissant, à comprendre Pat Garrett. On devient peut-être sage au fil du temps. Billy, lui, est resté espiègle ou pas…
Une traversée dans l’Ouest d’hier et d’aujourd’hui que l’on suit avec plaisir et nostalgie au grès d’une belle bande originale ( Claire Diterzi) et du regard amoureux de la réalisatrice.
Marine Bedaux
Critiques : Requiem pour Billy The Kid -
Score

" On s’abandonnait parfois à penser que ces mythes étaient bâtis de toutes pièces par le cinéma, mais avec Requiem, on se rapproche avec beaucoup de classe de la légende. "
Emmanuelle Spadacenta (article entier disponible dans Score n°25, page 102)
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Première

" (…) Anne Feinsilber signe un poème postmoderne qui mêle fantasmes américains, mémorial et hommage à Peckinpah. "
Isabelle Danel (article entier disponible dans Première n°359, page 50
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Crossroads

" Au final, un voyage inédit et plaisant, mais manquant un peu de densité… "
Christophe Goffette (article entier disponible dans Crossroads n°49, page 23 )
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Studio Magazine

" La documentariste Anne Feinsilber ajoute ici une dimension plus humaine, en ramenant le Kid à ce qu’il fut, à savoir un gamin pauvre. "
T. B. (article entier disponible dans Studio n°230, page 27)
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Les Inrocks

" Séduisant et courageux, le film révèle de beaux moments mais reste limité dans ses aspirations poétiques par manque d’audace formelle. "
Amélie Dubois (article entier disponible dans Les Inrocks n°580, page 52)
Critique Cannoise : Requiem pour Billy The Kid -
Le Figaro

" Ce premier film, d'une conception très originale, revisite l'histoire fameuse du jeune hors-la-loi Billy the Kid et du shérif Pat Garrett, en entrecroisant l'enquête rigoureuse menée par les deux shérifs et la vision plus lyrique de la réalisatrice."
Marie-Noëlle Tranchant (article entier disponible sur le site du Figaro).
Notes Techniques| Son | Image | Packaging | Menu | Bonus |
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| 3/5 | 4/5 | 3/5 | 4/5 | 2/5 |
Test DVD
Le DVD est à l’image du film : aérien, double et poétique. Le transfert sur galette respecte la douceur du film d’ Anne Feinsilber avec un très bon rendu de l’image que ce soit pour les plans en 35mm que pour les scènes tournées en DV.
Côté Bonus, après une préface (monocorde, hélas) de Jean-jacques Beineix évoquant la genèse du projet insolite que représente Requiem…, trois commentaires/entretiens sont proposés, mettant chacun en avant un aspect du tournage ou de sa préparation (musique, scénario, image). Tantôt théorique et pédagogique, tantôt personnel et anecdotique, l’exercice renouvelle le concept de « commentaire audio ». On regrettera toutefois la répétition un peu lassante des images d’illustration.
Hypnotisant, néanmoins. Eléonore Guerra Evocation lyrique de la vie de Billy the Kid "Ange noir, héros Rimbaldien", Requiem Pour Billy The Kid est conçu comme une fascinante ballade parmi des fantômes qui ont peuplé l'un des territoires les plus dangereux de l'Ouest américain, mais il entrouvre la porte d'une Amérique aussi lointaine que contemporaine. A propos du filmRequiem Pour Billy The Kid est un film de 90 minutes dont les images nous projettent avec le tonnerre d’un colt dans l’univers du western. Du genre, il emprunte la trame narrative, l’esthétique, la beauté des paysages du Nouveau-Mexique filmés en 35mm cinémascope. Tom Sullivan qui pour être un shérif du XXIe siècle n’en porte pas moins une étoile épinglée à la poitrine, un Colt’45 à la ceinture, et un Stetson enfoncé sur les yeux, remonte d’un pas tranquille la rue principale de Lincoln à la rencontre d’une galerie de gueules sorties d’une Amérique que l’on pensait reléguée aux temps du Technicolor. Entretien avec Anne Feinsilber, réalisatriceÀ quel genre cinématographique se rattache le film?
Il n’est pas possible de faire entrer le film dans une case. Ce n’est pas un documentaire traditionnel, ni une fiction classique. Le film utilise des éléments de la fiction et du documentaire pour créer un dispositif narratif novateur. J’utilise, par exemple, des images de fiction tirées du film de Sam Peckinpah Pat Garrett Et Billy Le Kid de 1973 et d’ Arthur Penn Le Gaucher de 1958 comme des documents d’archives. Donc les repères habituels manquent. C’est un premier entre-deux, entre fiction et documentaire. Quand on fait un premier film, on a envie d’essayer des choses d’où une approche expérimentale personnelle mais appliquée ici à un mythe très populaire. C’est un second mélange. Chacun a entendu parler de Billy the Kid, ce jeune cow-boy qui devient un hors la loi et finit par être tué par son meilleur ami. Un film, Deux versions, Plusieurs voix...Avant le tournage, j’avais un scénario. Pour un documentaire, c’est plutôt antinomique. Mais le film est indissociable des outils narratifs que je voulais utiliser, et donc de l’écriture. Je voulais raconter la vie de Billy the Kid sans pour autant faire du film un documentaire historique. L’idée des voix (Billy, la Narratrice, Pat Garrett) est née de là. La voix de Pat Garrett, qui est moins présente dans le film terminé qu’elle ne l’était dans sa conception, vient directement d’une source historique, le livre que Garrett écrit après la mort du Kid. La voix de Billy, elle, est composite (sources historiques, littéraires et fictionnelles). |
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