Après avoir fait votre premier film aux Etats-Unis, ressentiez-vous le besoin de tourner Respiro dans votre pays, et de retrouver quelque chose de votre passé ?
"J’avais un fort désir de retourner en Italie, simplement pour me ressourcer, trouver un endroit où me reposer. Je suis tombé sur l’île de Lampedusa, et j’ai senti tout de suite que c’était un endroit magique, qui me ramenait à mes souvenirs d’enfance. Je devais rester trois semaines en vacances, et j’y suis resté six mois. J’ai fait connaissance de Filippo, l’un des enfants du film, qui m’a introduit dans la communauté des pêcheurs. J’ai commencé à écrire une histoire sur les gamins de l’île, c’était une sorte de conte, dont je n’avais pas au départ l’intention de faire un film. Mais il s’est rapidement transformé en scénario. Je cherchais à tourner mon premier film en Italie, et j’avais trouvé, sans m’en rendre compte tout de suite, le lieu et le sujet à Lampedusa. J’ai ainsi pénétré un univers que je ne connaissais pas, sauf dans mon fort intérieur, car c’est ainsi que j’envisage le cinéma, comme un moyen d’explorer un monde nouveau, qui me ramène à quelque chose d’ intérieur et de personnel que j’ai pu oublier."