Un tournage étalé sur trois ans
L’été 2000, après la sortie de mon livre
L’adversaire, j’étais un peu en panne de sujet, et j’ai dit à des amis journalistes que j’avais envie de refaire du reportage. Marc Lecarpentier, qui était alors le patron de Téléram et qui agit été, il y a longtemps, mon rédacteur en chef, est tombé sur une dépêche racontant la libération et le retour dans son pays d’un type qu’on présentait comme « le dernier prisonnier de la seconde guerre mondiale ». Ca l’a intrigué, il m’en a parlé, j’en ai parlé à mon tour à Guilaine Chenu, qui venait de prendre en main le magazine Envoyé Spécial, et on s’est mis d’accord tous les trois pour faire à la fois un reportage écrit et un sujet de télévision, ce qui était tout à fait nouveau pour moi. L’histoire était celle d’un paysan hongrois, Andras Toma, enrôlé de force à 19 ans par la Wehrmacht et fait prisonnier par l’Armée Rouge en 1944. Ballotté de camps en camps, il est plus ou moins devenu fou et s’est retrouvé interné à l’hôpital psychiatrique de Kotelnitch. Enfermé pendant 56 ans…seul.