Mesdames et messieurs, la séance va commencer… Le mercredi 10 septembre à Deauville le soleil est revenu, mais pas sur les deux films du jour en compétition, ils étaient plutôt sombres et lents. Heureusement en soirée la chaleur est venue du miracle de
Spike Lee !
Pour commencer doucement
Momma'S Man réalisé par
Azazel Jacobs, qui précise que son film a été tourné dans une maison où il a grandi et que c'est son père et sa mère qui sont à l'écran. Le film raconte l'histoire d'un homme en déplacement qui revient chez ses parents à cause d'un problème de réservation d'avion, il restera quelques jours avant de rejoindre sa femme et sa petite fille. Mais les jours passent et il hésite de plus en plus à retourner chez lui. Il reste chez ses parents qui commencent à s'en inquiéter. Il replonge dans ses affaires d'enfance et revoit quelques anciennes connaissances. Pourquoi ne repart-il pas chez lui ? On devine de plus en plus que cet homme est proche d'une dépression. Pour qui prend le temps de partager sa déprime, le film se révèle plutôt touchant.
Le sixième film de la compétition est
Afterschool, qui était au dernier festival de Cannes. Son réalisateur
Antonio Campos préfère ne pas dire grand-chose de son film avant qu'il ne commence. Il débute par diverses images vidéos violentes que regarde un adolescent sur internet. C'est Robert. Nous sommes dans l'internat d'un lycée prestigieux et il semble que les élèves ne soient intéressés que par la découverte du sexe et de la drogue. Robert participe à un atelier vidéo, et, dans un couloir, il filme par hasard les deux soeurs Talbet qui font une violente overdose. Après cette double mort, il doit réaliser une vidéo-souvenirs et rassembler des témoignages d'amitié, mais devient de plus en plus porté sur ses propres obsessions...
Combien de fois un film s'est déjà introduit dans un lycée pour appréhender le fameux malaise adolescent ?
Antonio Campos profite de l'atelier vidéo pour lui-même expérimenter les formats d'images et d'écrans (sa caméra plus celle de l'élève, l'écran de ses images filmées ou celui de son ordinateur sur internet...), de plus il impose son sens du cadre particulier. On voit bien qu'il déplore l'infirmerie qui distribue toutes sortes de cachets aux élèves et même les discussions avec le conseiller d'orientation qui ne servent pas à grand-chose, il voudrait même faire la morale sur l'addiction à la violence sur internet. L'ensemble est quand même assez pénible et on est bien contents de sortir de cette école.
Christophe Maulavé (
Deauville, Le 11 Septembre 2008)