Le rôle de Nora me faisait un peu peur. Arnaud me l'avait proposé à un moment de ma vie où je n'avais pas envie d'aller dans cette douleur-là. Je voyais quelqu'un de terriblement seule. Nora vit dans un désert, aucune femme autour d'elle, aucune amie, pas même sa soeur. J'enviais
Mathieu Amalric, son personnage est tellement drôle ! Moi, je devais me coltiner la partie dramatique… alors j'ai passé commande à Arnaud d'un personnage un peu plus gai pour la prochaine fois ! Puis j'ai découvert la vérité de Nora, « aimer, c'est n'avoir pas à demander ». Quand le médecin lui annonce qu'il n'y a plus d'espoir de sauver son père, ce père qui l'a aimée passionnément, elle dit simplement, «ah, c'est une nouvelle terrible»… Mais intérieurement, tout s'écroule, un coup de chaud monte en elle, à ce moment-là dans son oeil, dans sa voix, c'est de la fragilité pure.