Romanzo Criminale : Notre rencontre avec toute l'équipe du film !

Romanzo Criminale : Notre rencontre avec toute l'équipe du film !
Les films italiens ont souvent bien du mal à passer outre nos chères Alpes frenchies, aussi, quand l'occasion se présente de goûter à nouveau aux joies de la promotion à l'italienne, nous fonçons, bien évidemment, accueillir comme il se doit, les stars de Romanzo Criminale. (16/03/06)

Résumé du film Romanzo Criminale : Notre rencontre avec toute l'équipe du film !

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Un petit goût de Venise…

Les films italiens ont souvent bien du mal à passer outre nos chères Alpes frenchies, aussi, quand l'occasion se présente de goûter à nouveau aux joies de la promotion à l'italienne, nous fonçons, bien évidemment, accueillir comme il se doit, les stars de Romanzo Criminale.


Car au pays de Benigni et de Pasolini, Romanzo Criminale a fait sensation car il rappelait avec un réalisme recherché une Rome des années 1970-1980, gangrenée par la mafia, les fameuses Brigades Rouges et l'éclosion de petites bandes criminelles (comme celle de la Magliara qui a inspiré le film), bien décidées à s'emparer de Rome coûte que coûte, au moyen de kidnappings de personnalités politiques, d'assassinats, de trafic de drogue, etc.

Outre le sujet, la brochette de comédiens qui interprète ce film n'est pas anodine. On y retrouve toute la fine fleur du cinéma italien (Stefano Accorsi, Kim Rossi Stuart, Claudio Santamaria, Pierfrancesco Favino). En gros, c'est un peu un casting à la Ocean's Twelve, pour vous donner une idée de l'excitation italienne lors de sa sortie en salle.

La french touch du film, c'est l'allure « so Chanel » d'Anna Mouglalis qui interprète avec talent la vénéneuse Patrizia, qui s'attache à la bande de criminels pour les trahir après de nombreux rebondissements : « Il y a quelque chose de très viril dans le personnage de cette femme fatale que j'interprète, curieusement. J'ai aimé jouer dans cet angle, faire ressortir le côté masculin, agressif de cette prostituée. » Anna Mouglalis me parle avec cette voix inimitable de diva et je ne peux m'empêcher de loucher sur son adorable petit sac Chanel, dont elle est l'ambassadrice. « J'ai appris l'Italien en un mois pour ce film, en venant à Rome. Mais le travail de la langue étrangère ne devait pas être un obstacle, il fallait jouer dans l'organique, sur le vif. Rome a aussi beaucoup compté pour moi pour faire ce film », ajoute-t'elle.

L'attachée de presse me fait signe, il faut lever le camp ! Quelques minutes plus tard deux preux chevaliers italiens viennent à ma rescousse pour relancer ma caméra, qu'inexperte, je triture désespérément. Il s'agit de Kim Rossi Stuart et de Claudio Santamaria (qui se chargera de la prise de son, merci Claudio !). Kim Rossi Stuart a une béquille. Il a eu un terrible accident de moto à Rome, en novembre dernier, préoccupant son entourage proche et ses fans pendant de bonnes semaines. Mais aujourd'hui, calme et professionalisme répondent à mes questions faussement détachées : « Toute cette ambiance de rue, cette Rome périphérique, la psychologie des personnages, tout cela m'a fasciné. Sur cette période, je me souviens surtout d'une atmosphère très lourde dans les rues de Rome, une sorte de brouhaha incessant, avec des manifestants qui restaient morts sur le trottoir. Ce qui m'a aussi beaucoup marqué c'est que c'est à cette époque là que la drogue a été introduite auprès des jeunes, et il y donc avait une atmosphère très lourde. »

Claudio Santamaria, mon preneur de son préféré, ajoute avec humour que « né en 1974, je me souviens surtout du biberon et de ma mère (rires). Le seul souvenir important que je peux avoir, parce que j'étais un gamin qui traînait pas mal dans les rues, c'est qu'un de mes amis qui vivait dans un quartier difficile de Rome avait un oncle qui faisait partie de cette bande et je garde des images bien que floues de jeunes qui venaient se piquer. »

Au bar du Bristol, où l'on ne cesse de se dire qu'ici, « vraiment la vie est dure ! », m'attend Michele Placido, qui semble un brin agacé par le rythme infernal des interviews TV, forcément écourtées et qui ne lui laissent pas le temps de dire grand-chose. « Nous avons besoin en ce moment de regarder le monde avec l'œil de la politique. C'est très important toujours de mettre l'homme au centre de l'attention. Dans Romanzo Criminale, tous mes personnages ont choisit la morale du mal, y compris les politiques. Ce qui est encore plus terrible que dans le film de George Clooney. Mais cela n'est pas totalement vrai, il y a aussi de l'espoir. Dans le moment où je prends ma caméra et que je fais le film, il y a cet espoir d'un monde meilleur. »

Pendant ce temps-là, le charmant Stefano Accorsi, plusieurs fois croisé dans les couloirs de l'hôtel, s'est fait la malle pour présenter une avant-première. Car mine de rien, l'heure tourne. Il ne me reste plus qu'à m'entretenir avec Pierfrancesco Favino, le chef de la bande, « Le Libanais. » A des années lumière de son personnage, l'acteur répond à mes questions, en français, s'il vous plaît, le sourire aux lèvres. « On s'est bien amusé. Claudio amenait sa trompette sur le plateau et en même temps on a beaucoup discuté avec Kim sur la scène où nos personnages se quittent. On n'était pas d'accord et on s'en est servi, pour le bien du film !
Mais ce qui a compté surtout pour moi, c'est la force de l'histoire, son pouvoir. C'est quelque chose de « classique ». L'ambiance est romaine mais ce sont des personnages symboliques, universels. »


Un petit goût de Venise et de son festival de cinéma, en somme, que cette atmosphère feutrée de palace, de délicatesse et de bonne humeur de la part des acteurs italiens avec quelques confidences glanées sur les projets des uns et des autres (caméra éteinte, Kim Rossi Stuart me donnait en français plus de précisions sur son premier film en tant que réalisateur qu'il est entrain de monter et qui se veut un hommage au cinéma français de Truffaut)… Ah, Venise !

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Propos recueillis par Laetitia Heurteau (Paris, mars 2006)

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