Extraits d'un entretien réalisé par Bimitra Bouras - Paru sur le site Cinergie.be -
Propos recueillis par Dimitra Bouras, Jean-Michel Vlaeminckx, retranscrits par Marie-Laure Darquenne.
Olivier Van Malderghem :
Rondo est une tentative d'exprimer une colère face à la déferlante de haine qu'est la Shoah. Mes personnages interpellent tout le temps Dieu, quel qu'il soit. Moi qui suis d'une famille et d'une éducation laïques, je fais dire à mes personnages des choses que je ne dirais jamais, car je n'aborde jamais la vie de ce point de vue. Si Dieu est si souvent présent, c'est que soudain, il s'est imposé. Dans l'écriture, j'ai dû créer un Dieu contre lequel Abraham, juif fidèle et imprégné de religiosité, se révolte. Après lui, ce sera le tour de Simon. C'est un Dieu qui non seulement est absent, mais méchant. Nous venons de tourner une superbe scène dans une synagogue où Abraham développe son point de vue magistralement. Il n'affirme pas que Dieu n'existe pas, mais que les juifs se sont laissé leurrer par un Dieu qui ne les aime pas. Ils ont cru, pendant des siècles, qu'ils étaient aimés de Dieu, qu'ils étaient les élus, mais en vérité Dieu leur a tourné le dos, ne s'est pas du tout intéressé à eux. (...)