J’ai écrit mon film en huit heures. D’un trait. Je l’avais rêvé. J’avais tout rêvé, c’est venu comme ça en une nuit. C’était lumineux et clair. ROSA m’a demandé un gros effort sur moi-même parce que c’est un mélodrame à la fois plus romantique et plus froid que CORPS À CŒUR. Il y a ici un plus grand contrôle parce qu’on y a tous les éléments de la tragédie: unité de temps, de lieu, d’action. Et surtout le malentendu. Il y a une contradiction entre l’imagerie du Milieu et mon personnage. Elle ignore ce que le film fait autour d’elle: elle est complètement enveloppée dans une fiction qui la contredit point par point. Les gens l’aiment, ont envie qu’elle soit heureuse, et elle croit, elle, à l’imagerie du Milieu: on ne peut pas quitter son souteneur, ni fuir le trottoir. Donc elle s’invente une peur terrible. En fait, rien de tout ce qu’elle imagine n’est vrai mais elle s’en rendra compte trop tard.