Quelle a été l’origine du projet de Roses à Crédit?
Après Carmel,j’ai éprouvé la difficulté,à ce moment particulier,de dire quelque chose en rapport avec Israël.Dès qu’on en parle,nos mots sont détournés,instrumentalisés,d’un côté ou de l’autre.Carmelest une œuvre très personnelle,voire intime,de même que la correspondance de ma mère Efratia qui vient de paraître chez Gallimard.Après,je me suis dit que je voulais travailler comme cinéaste.Cela m’était déjà arrivé dans le passé,lorsque j’avais fait Ananas aprèsHouse,Wadi et Journal de Campagne.Le conflit du Moyen Orient s’impose parfois comme le seul sujet légitime de discussions.Je trouve ça trop exclusif,ce n’est pas le seul à mériter notre attention.La seule option est d’être soit des Israéliens,soit des Palestiniens,soit des Juifs,soit des Arabes.Je dis qu’on peut aussi lire Joyce et s’identifier à lui,ou dans ce cas à
Elsa Triolet,et s’intéresser à des destinées au-delà de notre cercle immédiat.